Le président du Crif Marseille-Provence se trompe deux fois. D’abord, en croyant que le parti créé par des collaborationnistes aurait renoncé à son héritage historique et idéologique. Sa cheffe de file, Marine Le Pen, considérait ainsi en 2022 : « Nous n’avons pas à rougir de notre histoire. » L’abandon de l’antisémitisme n’est qu’une façade à visée électorale. Louis Aliot, l’artisan du rapprochement entre institutions juives et RN, le disait explicitement : « La dédiabolisation ne porte que sur l’antisémitisme […] C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. » Marine Le Pen et Jordan Bardella restent très connectés à la « GUD Connection » à qui l’on doit les slogans « Deauville, Sentier : territoires occupés » ou « Sioniste, casse-toi, la France n’est pas à toi ». Julien Odoul, porte-parole du RN, accusait récemment le Crif d’être responsable des « politiques d’immigration massives » et de la montée de l’antisémitisme en France dans une déclaration qui conjugue à la fois racisme et antisémitisme.
Le cas des Etats-Unis montre bien comment l’extrême droite contemporaine utilise les institutions juives dans un but électoral, pour ensuite couper les ponts et participer à la diffusion de l’antisémitisme. Loin de le combattre, les réseaux trumpistes ont largement contribué à la diffusion de l’antisémitisme aux Etats-Unis. Le directeur du FBI Kash Patel a récemment accusé l’organisation de lutte contre l’antisémitisme Anti-Defamation League (ADL), qui avait pourtant salué l’élection de Donald Trump, d’avoir « mené des opérations honteuses d’espionnage contre des Américains ». Il a annoncé rompre tous les liens avec elle, le jour de Kippour.
"Le Crif Marseille-Provence se trompe en considérant le RN comme un interlocuteur acceptable", tribune de @jonaspardo.bsky.social www.nouvelobs.com/societe/2025... "Le Crif Marseille-Provence permettra-t-il d’adouber ceux qui prétendent que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite?"