Un indice: le personnage tient à cette identité, veut qu'on l'appelle The Dude, ou Dude; certes sans insister, mais par faiblesse de la volonté plutôt que par sagesse.
On parlera donc plutôt d'une vanité du cool que de cool au sens propre.
Posts by Robinson Opp
L'intrigue avance clairement avec lui et dans tout cela on ne peut même pas dire qu'il se contente de réagir à la bêtise pressante de Walter.
Mais alors pourquoi l'entourer d'une certaine aura? Serait-ce un procédé démystifiant?
il se rappelle ce qui est dit, se montre le plus souvent intéressé et vénal: le tapis, puis l'argent le motive continuellement.
De plus, il résout in fine l'énigme.
Il n'est nullement le nouveau personnage type dont il faudrait se rassurer qu'il existe, comme le dit le narrateur imprégné de western et soucieux de délivrer une nouvelle fable moderne laborieuse.
En effet, nullement attentiste, chaque ellipse montre qu'il répond présent et repart à l'aventure;
Le Dude n'est nullement l'incarnation du cool sympathique débonnaire, un Oblonov victime malgré lui des circonstances, comme il est souvent dit, et comme Jeff Bridges tend à le jouer, à l'intérieur de chaque scène (cf. pétard et russe blanc).
Maîtrisé et sans le ton ricanant, surconscient que je trouve d'ordinaire aux Coen.
Cette vision fut cependant accompagnée d'une révélation.
N'y a-t-il pas en effet escroquerie délibérée ?
#Vu Film (Décembre)
- The Big Lebowski***(*) - Vu une première fois, dans mes jeunes années, sans conscience de sa réputation, et bien aimé; puis revu, en cinéphile confirmé, et vraiment déçu (influencé négativement) par le foin autour.
Cette troisième fois, ce fut la bonne:
- Dead Again* - Nanar. Tapage romantique pour orchestre malmené. Image et moyens TV, façon épisode d'Arabesque.
- Wake up Dead Man** - Autre virtuosité problématique de Johnson. Aucune scène, rien de poser. Énigme prometteuse, plaisante, mais embrouillée par le récit.
Peut-être ceci: son dynamisme si particulier n'est ni dans l'image, ni dans le montage, mais dans un défilement typique des fioritures de graphistes: volets, vignettes, panneaux autour des titres mais appliqués à l'image, au montage.
Baldwin, regard niais, coupe en brosse, en sosie de Ryan Gosling, sans le magnétisme. Jason Leigh personnage trop facile. Ward vieux matou gênant.
- Running Man** - Quel est le problème de cette énergie si spéciale de Wright et cette impression d'une virtuosité à vide?
#Vu Films (décembre)
- Miami Blues*(*) - Film accidenté, un sous-plein de chose (sous-Coen, sous-Lynch, sous-Tarantino avant l'heure). Le script a la trajectoire, la pertinence, le débit d'un ivrogne (mais en a aussi l'exubérance et quelques moments de grace).
- Jay Kelly** - Baumbach sur ses références (Fellini, Minnelli). De beaux moments pleins et appesantis sur le visage de Clooney. Un peu moins net ou assuré pour le reste: la substance du spleen de la star n'est hélas pas très... substantielle (la perte de contact avec ses filles...).
#Vu Films (décembre)
- Without a Clue** - Et si Sherlock Holmes était réellement un personnage de fiction (celui de Watson) et Watson le véritable détective ? Comédie avec parfois de réels éclats: Caine y est pour beaucoup. Mise en scène anonyme.
Dans la mesure où chaque moment de normalité peut se retourner d'un coup dans la chose la plus bizarre qui soit (côté Lynch), cet humour extrémiste, nihiliste, qui semble un pur produit de l'époque, n'offre aucun répit et il est très difficile d'en saisir la portée, le sens. Mais fascinant.
Mariage entre absurdité débridée façon Ferrell-Mckay (ce dernier produit) et cringe insoutenable à la Nathan Fielder. Rien n'est tout à fait absurde-stupide, rien n'est tout à fait normal non plus: plein de personnages secondaires sont aussi cruellement loufoques que Robinson.
- The Chair Company S01**(*) - L'humour très spécial de T. Robinson (cf. Friendship) se poursuit ici dans un délire (?) conspi: un père de famille middleclass, humilié que sa chaise de bureau se soit brisée en pleine conférence, enquête sur le fabricant injoignable.
Pour une sensibilité à peine aiguisée, le tout de cette manière-cahier des charges - dynamique hystérique, rythme lourdement relancé, scénario en boucle, gimmicks - devrait paraître urticant au dernier degré.
À noter, comme une fraîche curiosité, l'aspect très disgracieux des jeunes acteurs.
#Vu Séries (décembre)
- Stranger Things S05 (1ère partie)* - Il est remarquable et proprement sublime que cette moulinette à clichés, tropes, etc. ne parviennent jamais, ni dans le ton, ni dans le facture, à obtenir une once des effets de ses modèles (en gros, le tout Spielberg 80's).
Gros hiatus avec les séquences d'actions qui, avec l'intégration 3D, semble avoir détourné pour elles tout l'argent (un plus gros budget qu'Akira!). Histoire bavarde et inconsistante. Narration bégayante à l'avenant. Mais surtout du steampunk, sans atmosphère, sans idée.
- Cry Panic! (TV)**(*) - Téléfilm sec et direct comme la télé américaine des années 1970 savait les faire.
- Steamboy*(*) - Aïe, aïe, grosse chute après Akira. Un Londres/Manchester, sans saleté, qui avoisine Princesse Sarah et Les Chevaliers de Baphomet dans l'inspiration et le détail visuel.
#Vu Films (Novembre)
- Lord of Illusions* - Le cinéma de Clive Barker (ses livres aussi peut-être) comme design figé qui ne dépasserait pas les fausses promesses d'une couverture Pulp. Beaucoup de travail pour le département Make Up & Prothèse; vide et laid sinon.
youtu.be/djeRT0namzo
Lucia Popp !
youtu.be/x7T8I1zBOYM
Haydn - La création - Ouverture - (dir.) Antal Dorati
www.youtube.com/watch?v=x7T8...
Haydn - La création - Ouverture - (dir.) Antal Dorati
#Vu Série (Novembre)
- A Man on the Inside S02** - Humour supérieur au suranné et infantile Only Murders in the Building mais même sensiblerie des intrigues secondaires toujours un peu toc et encombrante. Mais on est loin de l'ambition et de la fantaisie de The Good place.
Les academics philosophes sont certes tartes, les positions tout à fait neutralisées au final mais le dispositif permet suffisamment d'exploration, sans lâcher trop sur la complexité des questions. Et dans l'intervalle, G a pu dire ce qu'il avait à dire. Pas si mal!
- After The Hunt**(*) - Guadagnino, gay transgressif, sur le climat délétère des campus (wokes, etc.) à l'heure de la reprise en main Trump: brûlot en vue pour un résultat... plutôt bien négocié!
#Vu Films (Novembre)
- A Bigger Splash**(*) - Remake inutile de la piscine. Inutile sauf pour Ralph Fiennes assez merveilleux. Toujours séduit par l'énergie et les petites audaces quasi chichiteuses de Guadagnino, réalisateur aux accélérations et traits vraiment appréciables.
- Strait-Jacket*(*) - Quelques visuels et bonnes idées sous influence (Psychose), mais mise à en scène à l'économie, pleine de flottements et de gênes (pauvre Crawford, trop libre dans ces cadres trop larges). On corrige mentalement sans cesse cette épouvante de seconde zone.
...laissent à désirer (prison, duo de flic, fêtes). Hors l'asphalte battu, sa ligne jaune fiévreuse, l'imagerie n'est pas au beau fixe. À l'inverse du réseau d'images (forêts, ville, diner - tout en essence de bois) de Twin Peaks, ou de celui Hollywoodien de Mulholland Drive.