Ah, je n'ai pas suivi sur le sujet de la transphobie. C'est lié aux débats récents dans son nouveau parti ou c'est plus vieux?
Posts by Vinteuil
"Seules comptent les valeurs irrationnelles et ce sont elles, précisément, qui se refusent à eux pour toujours. Ainsi l’antisémite adhère, au départ, à un irrationalisme de fait." (Réflexions sur la question juive, p.27-28)
"On reconnaît là le raisonnement que Barres tournait contre les boursiers. Pourquoi s’en étonner? Les Juifs ne sont-ils pas les boursiers de la nation? Tout ce que l’intelligence, tout ce que l’argent peut acquérir on le leur laisse ; mais c’est du vent."
"Cette langue, il la parle depuis vingt ans seulement et moi depuis mille ans. La correction de son style est abstraite, apprise ; mes fautes de français sont conformes au génie de la langue."
"Peut-être que le Juif parle un français plus pur que je ne fais, peut-être connaît-il mieux la syntaxe, la grammaire, peut-être même est-il écrivain : il n’importe."
"Et pourquoi moi, moi médiocre, pourrais-je entendre ce que l’intelligence la plus déliée, la plus cultivée n’a pu saisir ? parce que je possède Racine. Racine et ma langue et mon sol."
"Maurras nous l’affirme : un Juif sera toujours incapable de comprendre ce vers de Racine : « Dans l'Orient désert, quel devint mon
[ennui. »""
On en revient toujours à ce bon vieux Sartre: "Autrement dit, le principe de l’antisémitisme, c’est que la possession concrète d’un objet singulier donne magiquement le sens de cet objet."
Non, mais accuser des Britanniques, nés au Royaume-Uni, de ne pas comprendre l'humour anglais, c'est bien entendu dû à leurs positions politiques, pas du tout à leurs origines, noooooooon, voyons.
A moins que quelqu'un ne tente l'acrobatie de faire croire que le "sionisme" et "ironie anglaise" sont structurellement incompatibles, mais j'aimerais bien savoir de quelle analyse politique il se réclame, là.
Le plus drôle, c'est sa défense 5 ans plus tard: il a dit qu'il avait utilisé le terme "sioniste": “in the accurate political sense and not as a euphemism for Jewish people”
C'est donc ça, confondre l'antisionisme et l'antisémitisme?
Et c'est donc ce mec dont une partie de la gauche a prétendu qu'il avait été injustement attaqué pour antisémitisme?
Tiens, en 2013, Jeremy Corbyn disait, en parlant d'un groupe de sionistes britanniques: "One is they don't want to study history, and secondly, having lived in this country for a very long time, probably all their lives, they don't understand English irony either"
Parce que comme on dit: "quand il y a un nazi assis à table et dix personnes assises à côté et qui lui parlent, il y a onze nazis". Les bonnes intentions de certains ne les excusent pas.
Il y a une très longue histoire d'interactions complexes entre les deux. Et reconnaître ça ne signifie pas défendre Israël. Car être pro-palestinien ne se confond heureusement pas avec être antisioniste. En revanche, ça signifie être à la hauteur des idéaux de gauche.
Donc non, l'antisionisme n'est pas réductible à de l'antisémitisme. Parce que oui, des gens mal informés s'en revendiquent au nom d'une cause juste (la fin de l'apartheid, la défense d'un État palestinien). Mais inversement, non, l'antisionisme n'est pas marginalement grignoté par l'antisémitisme.
A des attentats dans je ne sais combien de pays (on se rappelle de Merah, qui assassinait des gosses au nom de "la défense des enfants palestiniens"...).
Tout ce que je viens de citer a été explicitement fait au nom de l'antisionisme, dans des discours qui s'en revendiquaient.
L'antisionisme réel, donc, qu'est-ce? Un suprémacisme ethnique, qui a conduit à plusieurs nettoyages ethniques - déchéances de nationalité, expulsions du pays, spoliations des biens - de populations juives (en Egypte et en Irak, notamment), à des massacres au hasard dans la foule,
Disons qu'ils connaissent aussi bien l'histoire de l'antisionisme que les maoïstes du Quartier latin connaissaient la Révolution culturelle chinoise: très mal.
En revanche, dans ce cas-là, il faut appliquer la même méthode à tout, disais-je. Donc parler de l'antisionisme réel. Qui n'est pas la présentation un peu éthérée qu'en font les Occidentaux à base de "la dénonciation de la politique et la forme de l'État d'Israël".
Pas plus que l'URSS ou Pol Pot ne viennent invalider que le communisme est un projet d'émancipation à la base. Mais en effet, penser le communisme sans penser l'URSS et Pol Pot aujourd'hui est une honte et une aberration politique.
Ça ne vient pas invalider que c'est un projet d'émancipation à la base, qui s'est fait au détriment d'autres populations (et ça prouve l'inanité des grandes envolées lyriques sur le fait que tous les moyens sont permis quand on lutte contre une oppression).
Ensuite, il faut appliquer la même méthode à tout. Oui, il faut parler du sionisme réel, qui a clairement consisté en une épuration ethnique, des invasions, des guerres, un apartheid.
Ce serait comme vouloir trainer devant les tribunaux toute personne utilisant une insulte homophobe du type "en...lé", c'est disproportionné et irréaliste. Ça n'empêche pas de reconnaître l'homophobie de l'insulte.
Je vais commencer par l'évidence, mais ce n'est jamais inutile de le rappeler: je suis contre la loi Yadan. On ne peut pas régler une oppression systémique uniquement en passant par la loi.
Et oui, le droit international s'est fondé sur une architecture libérale, ce qui est assez logique vu sa période d'émergence et d'institutionnalisation.
Non. Dans l'architecture légale du fascisme, notamment nazie, cette priorité de dernier ressort est donnée au "génie de la race", incarné dans le Führer. Il y a une volonté de détruire l'Etat et sa légitimité chez les nazis. Chapoutot l'explique très bien.
Ça n’empêche évidemment pas de critiquer les prétentions ridicules et meurtrières d’Israël, mais sur le fond du raisonnement…
Donc le rapport avec le fascisme, je le cherche. Parce que bon, présenter l’idéalisme comme seule réponse antifasciste, ce serait surprenant.
C’est littéralement la même confusion que font les prétendus républicains ou les universalistes en croyant qu’il suffit d’affirmer un droit formel pour qu’il se réalise