S’ils insistent avec cette notion-là c’est que là on n’est plus dans l’erreur ou quoi.
Posts by Camille C.
Quand le Printemps de la Psychiatrie a refait le coup d’accuser la "nouvelle anti-psychiatrie" sur la fermeture d’institutions psychanalytiques qui faisaient du packing sur des enfants, je me suis dit que définitivement ce sont des ennemis politiques.
Y a avait ça en réponse directe à Bellahsen.
Mais c’est spécifiquement sur cette idée de "nouvelle anti-psychiatrie", qui est revenue récemment sur la fermeture de la Fondation Vallée.
nantes.indymedia.org/posts/50560/...
La situation à Gaza ne cesse de s'empirer. Hammam et sa famille, comme tant d'autres, sont malades, et n'ont ni nourriture saine ni médicaments. Les dons via les cagnottes arrivent jusqu'à eux et les aident au quotidien. Svp, continuez de donner et faire circuler 🙏🏼👇🏼
chuffed.org/project/1580...
Sébastien Landrieux a publié une thèse sur l’homosexualité dans le Nord de 1891 à 1987, et y a toute une partie sur la psychiatrisation des homosexuels.
theses.fr/2025ULILH036
Savoir théorique pourtant impossible à objectiver. D’où ces évolutions de la discipline, qui ne sortent pas de ce problème et qui au final témoignent surtout de la recherche de nouveaux moyens plus efficaces de contrôle social.
passer de la psycha à la psychologie.
Mais toujours, en faveur de normes sociales, qui sont immédiatement saisissable par les psychiatres comme s’ils étaient n’importe quel individu, à la différence qu’ils eux reconnus comme experts et en témoigne leur savoir théorique.
Au final l’homosexualité est un bon marqueur des évolutions de la psychiatrie : psy asilaire comme pouvoir de réalité, mais aussi thérapeutique civile hors des murs, évolution de la discipline psy à la fois par la scientisation mais aussi la thérapeutique de l’entretien qui va
En situant l’homosexualité comme une question de développement on estime alors qu’elle peut être traitable par la thérapie psychologique. Ce qui se fait conjointement avec tout de même, les éléctrochocs et les molécules chimiques.
Landrieux souligne que l’homosexualité devient conçue comme traitable par le biais de la légitimation de la psychanalyse, qui comble alors le problème épistémique des nosographie psy en parlant plutôt du décalage entre l’âme féminine et le corps masculin, le refoulement, etc.
On mobilise donc toujours en registre de dégénérescence mais l’enjeu devient de savoir si on parle de perversion ou d’inversion sexuelle, et donc si l’individu est soignable.
On se retrouve donc dans une "thérapeutique civile" et non plus seulement asilaire. L’homosexualité prend alors une place très particulière dans les expertises pour délits sexuels, où elle devient centrale.
On se retrouve donc dans une "thérapeutique civile" et non plus seulement asilaire. L’homosexualité prend alors une place très particulière dans les expertises pour délits sexuels, où elle devient centrale.
C’est connu par le biais du militantisme homosexuel de l’époque : les lois qui portent sur les homosexuels ne manière plus ou moins détournées en inculpant pour exhibitionnisme ou éphébophilie.
À ce niveau, la pathologisation consistant à construire les homosexuels comme des troubles à l’ordre public, elle n’est plus le simple fait des psychiatres. Elle consiste en l’action coordonnée de psychiatres, de policiers et de juges.
Et puis, y a le tournant de 1945 : on n’interne presque plus des homosexuels, et les psychiatres continuent de pathologiser les homosexuels, et de manière peut-être plus forte encore, non pas par le biais de l’asile mais par le biais des expertises médico-légales.
Les gens internés dans les asiles, c’est pour trouble à l’ordre social, des "individus dangereux" et à ce niveau l’homosexualité est un facteur majeur de cette dangerosité du pervers.
Ce que Landrieux remarque, c’est donc que l’homosexuel est avant tout un perturbateur de l’ordre social et notamment de la jeunesse. D’ailleurs, on ne veut pas systématiquement les interner, par crainte qu’ils perturbent l’asile.
La psychiatrie est un "sur-pouvoir de réalité" pour Foucault, son rapport à l’ordre social est un rapport pragmatique, et surtout, conservateur. Le savoir théorique est peu important au-delà de son caractère instrumental de légitimation de ce pouvoir.
En fait Landrieux constate ce que Foucault constatait également dans les archives psy, et ce qu’il en dit dans "Le Pouvoir psychiatrique" : les catégories pathologiques servent de légitimation mais elles ne sont pas ce qui guide les actions de contrôle social.
En fait Landrieux constate ce que Foucault constatait également dans les archives psy, et ce qu’il en dit dans "Le Pouvoir psychiatrique" : les catégories pathologiques servent de légitimation mais elles ne sont pas ce qui guide les actions de contrôle social.
Donc au final, ce qui était le facteur majeur, c’était le trouble à l’ordre public. À ce niveau-là, c’est pas tant la catégorie d’homosexuel qui fait foi, mais des notions beaucoup plus malléables et relatives directement à cet ordre social : le pervers, l’imbécile, l’idiot...
Parce que l’homosexualité, comme toute catégorie psychiatrique, ne pouvait pas avoir de nosographie définitivement fixée. Aucun psy n’était parfaitement d’accord sur ce qu’était l’homosexualité. C’est le problème de fond des symptomatologies psy...
Ce que Landrieux remarque c’est que le diagnostic différentiel avait peu d’importance en psychiatrie (c’est quelque chose qui revenait fréquemment chez les anti-psy, en particulier Foucault). On interne très rarement des homosexuels à l’asile pour l’unique fait d’être homosexuel.
Sébastien Landrieux a publié une thèse sur l’homosexualité dans le Nord de 1891 à 1987, et y a toute une partie sur la psychiatrisation des homosexuels.
theses.fr/2025ULILH036
Je sais que des gens préfèrent se dire "abolitionniste de la psychiatrie" plutôt qu’anti-psychiatrie, mais vu comment les psys de gauche continuent de considérer l’anti-psy comme une bête noire à laquelle ils affilient tout ce qu’ils aiment pas, j’ai plutôt envie de continuer à me dire anti-psy.
Extrait de l'article : Mais faut-il s’étonner de ces évolutions ? (début de la partie surlignée) Depuis 2012, l’autisme a été un laboratoire d’une nouvelle antipsychiatrie à la fois néolibérale et neuro-développementale. (fin de la partie surlignée) Sous de nobles discours d’inclusion et de déstigmatisation, le champ pédopsychiatrique sanitaire et médico-social est systématiquement démembré au nom des progrès de la science. Seul problème, ces progrès ne sont pas légions... Et la catégorie même des « troubles du neuro-développement » n’est, à ce jour, fondée sur aucune base physique, cérébrale ou neurologique de l’avis même des créateurs de ces troubles dans les classifications internationales (Rutter, 2011[13]). Un beau discours qui invisibilise la diversité des troubles des jeunes en souffrance et les responsabilité politiques qu'elle soulève.
Toujours hilarant de lire le mouvement de la psychothérapie institutionnelle (Bellahsen et autres promoteurs de La Borde, Gattari, Oury, déconniatrie etc.) dire que l'antipsychiatrie a gagné, que l'antipsychiatrie c'est néolibéral, que c'est les TND etc.
blogs.mediapart.fr/printemps-de...
1/
(et effectivement je trouve ça plus intéréssant de tirer ça de Deleuze plutôt que le côté para-psychanalyse avec Guattari)
psychiatrique s’institue aussi là et pas juste dans ses avatars institutionnels comme l’asile.
Pour moi c’est par cet enjeu que les affects me semblent importants. Un psy de cabinet, même si c’est "non-violent", il exerce déjà un pouvoir à travers ce sens qu’il produit sur les affects.