Le noyau Linux 7.0 est sorti, la version 7.1 va abandonner le mythique 486 et Linus clarifie l'usage de l'IA
Le noyau Linux 7.0 est disponible, et… ce n'est pas une grosse nouveauté. Nous en avions parlé, cette version 7.0 n'est pas une avancée majeure comme sa numérotation pourrait le faire penser. En réalité, Linus Torvalds en avait surtout visiblement un peu marre de la version précédente et de ses « grand nombres » (il s'agit de la 6.19).
Tux, la mascotte de Linux. Larry Ewing.
Un des points intéressants de cette version 7.0, c'est que Linus Torvalds soupçonne que l'IA a pu aider beaucoup sur certains points : elle concentre beaucoup de petits correctifs sur de nombreux composants logiciels. Elle arrive aussi en parallèle d'une mise au point sur l'usage des intelligences artificielles dans le développement du noyau. Elle date de début janvier, mais n'a été mise en avant que le 11 avril, comme l'indique Next. Elle est assez courte, avec quelques prérequis évidents : le code mis en ligne doit être compatible avec la licence GPL 2.0 et doit avoir été relu par un humain mais aussi indiquer les outils employés pour générer le code.
Le noyau Linux va passer à la version 7, surtout parce que Linus Torvalds n’a plus assez de doigts pour la 6
Certains attendaient quelque chose de bien plus tranché, mais Linus Torvalds est très pragmatique dans le cas présent, et rappelle essentiellement qu'une contribution doit être assumée entièrement par la personne qui la met en ligne, notamment sur le respect de la licence… ce qui nécessite donc de relire, éventuellement de corriger et surtout de comprendre le code qu'une IA a pu générer.
La prochaine version abandonne le 486
La version 7.1, elle, amènera au moins un changement important sur le papier : l'abandon des processeurs 486 (et les équivalents chez les constructeurs concurrents d'Intel, d'AMD à NexGen en passant par IBM, Cyrix ou UMC). Le 80486 (son nom complet) est un processeur un peu mythique, dans le sens où il est contemporain de l'explosion de l'usage des PC (il date de 1989). C'est le premier processeur x86 Intel qui intégrait directement la FPU dans le processeur (auparavant elle était dans un coprocesseur dédié), même si Intel a ensuite proposé des 486 sans FPU (les modèles SX). La version à 66 MHz (486 DX2, avec un multiplicateur) a longtemps été le processeur qui servait de référence, que ce soit pour animer Doom, Windows 95 ou de nombreux jeux, et Apple en avait intégré un dans une carte d'extension pour le Power Macintosh 6100.
Un processeur 486 dans sa version OverDrive. Henry Mühlpfordt, CC BY-SA 3.0.
Si cet abandon est important d'un point de vue historique, il ne devrait en réalité embêter à peu près personne. En effet, il y a très peu de 486 encore en circulation, et encore moins de 486 qui font tourner des distributions GNU/Linux récentes, avec un noyau à jour. Même dans les périphériques qui se basent sur un 486 ou un processeur de la même génération — comme la première borne AirPort d'Apple —, il y a peu de chances de trouver un système maintenu. Par ailleurs, de nombreuses applications nécessitent déjà en réalité un processeur de la famille i586 (comme le Pentium). L'abandon du 486 va donc permettre d'effacer quelques milliers de lignes qui servaient uniquement à garder une compatibilité inutile.
Par ailleurs, certains avancent aussi déjà sur le fait que la prise en charge des architectures 32 bits pourrait aussi être abandonnée à un moment ou à une autre. Les derniers processeurs x86 32 bits ont une petite vingtaine d'années (les Core Duo vus dans les premiers Mac Intel, par exemple) et le noyau 32 bits n'est que rarement déployé dans des systèmes modernes. Mais il y a beaucoup de variantes du x86 et la prochaine étape sera probablement l'abandon des processeurs de type 586 (Pentium et consorts) au profit des 686 (dès le Pentium Pro).
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