Face à ce problème, les pays scandinaves ont il y a 100 ans fait évolué leur mode de scrutin avec la “méthode de Sainte-Laguë modifiée” qui vise à rendre l’obtention du premier siège un peu plus difficile, pour éviter que les scissions deviennent avantageuses (et donc inévitables).
Posts by Jean Hein
Il y a peu d’études approfondies sur la question, mais on peut vraisemblablement estimer que cette mécanique participe de la succession effrénée d’élections depuis 2021, avec à chaque fois une tripotée de nouveaux partis “secondaires”, et une abstention grandissante.
Cela a plusieurs conséquences: aucun parti ne dépasse 25% des suffrages, la lisibilité des campagnes est médiocre (puisque les lignes politiques sont illisibles), rapidement après l’élection de nouveaux acteurs ont intérêt à une nouvelle élection.
Cela favorise évidemment les scissions. Dès qu’un ambitieux est assuré de pouvoir dépasser les 4% nationaux, il a intérêt a créer son propre parti et à faire campagne seul, sans que ce soit justifié par une différence de ligne.
Il devient donc contre l’intérêt d’une liste de recevoir plus de voix que nécessaire pour obtenir un seul siège. Pour maximiser les résultats, il faut mieux faire plusieurs listes séparées qui obtiendront chacune d’elles “tout juste” un siège dans chaque circo.
Obtenir un second siège est en revanche beaucoup plus difficile. Par ex. dans la circo. de Veliko Tarnovo, où il y a 8 sièges, le parti MECh a obtenu 1 siège avec 4,6% des votes; quand GERB–SDS n’a obtenu que 2 sièges avec 27,1% des votes — 6 fois plus! results.cik.bg/pe202410/rez...
Ces modalités ont pour conséquence de favoriser au sein de chaque circo. les listes qui obtiennent “tout juste” un siège. Pourvu qu’on dépasse le seuil des 4% nationaux, il est facile d’obtenir un siège dans une circo. Si il y a 7 sièges, ~8% suffisent souvent, parfois moins.
🧵 Le système électoral Bulgare présente une rare combinaison de modalités qui s’avère problématique: les sièges sont distribués aux partis qui ont reçu au moins 4% des votes nationaux, à la méthode du plus fort reste dans de “petites” circo. (moins de 8 sièges en moyenne).
#HistoirePol : Amber Alert sur la proportionnelle ! Or, la présidentielle n’est que la face cachée de l’iceberg ! Les législatives se préparent maintenant : 4 députés « mousquetaires » ne lâchent pas l’affaire. @erwanbalanant @SebLecornu
www.radiofrance.fr/franceinter/...
To scholars of democratic backsliding, it is difficult to overstate how big a deal today's election in Hungary, a country of less than 10 million people, is likely to be as a narrative milestone for our age, regardless of which way it goes.
Certes, le maire est élu “indirectement” mais ce vote n’est qu’une simple procédure. Le maire est de facto élu directement et domine souvent le conseil municipal plus qu’il n’est issu de ce dernier. La multiplication des alliances préélectorales vient heureusement modérer ce dernier point.
Je serais d’avis pour affirmer qu’on élit un maire directement. La tête de liste est automatiquement élue maire, devient à la fois chef de l’exécutif municipal et de la majorité qui vote le budget, et ne peut être censuré. De facto on élit directement un petit monarque version XIXe siècle.
Au dernières nouvelles, LFI est officiellement pour la proportionnelle (“intégrale”), à mon avis ils soutiendraient. Mais ça ne fait toujours pas une majorité garantie, car à LR, au RN, à HOR, dans une partie de RE, du MoDem et du PS il y aurait sans doute une opposition. Sans parler du Sénat.
La PPL en question, qui est aussi accompagnée d’une proposition de loi organique: www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/texte...
Il y a dans les deux chambres une PPL récente de proportionnelle inspirée du système 🇩🇪 , signée par des élus MoDem, RE, PS et ÉELV. Il attendent sûrement le bon moment pour tenter de la mettre à l’ordre du jour, mais ça bloque en silence en haut lieu. Seul Lecornu a rendu publique son opposition.
P.-S. À noter que l’ordonnance n°59-230, par laquelle De Gaulle et Debré imposent la fin du scrutin proportionnel aux municipales, est promulguée le 4 février 1959, dernier jour de la période de pleins pouvoirs de De Gaulle → lemonde.fr/archives/art...
Comme en 1959, cette réforme du mode de scrutin rate sa cible et le PS perd en 1983 beaucoup des villes qu’il avait conquises en 1977. Cet échec explique peut-être en partie pourquoi le PS favorisera un mode de scrutin un peu plus proportionnel aux législatives de 1986. 9/9
In fine, le Gouvernement Mauroy conçoit ce scrutin mixte avec “prime majoritaire”, qui reste très proche du scrutin majoritaire de liste de 1959 qu’il remplace, mais le “modère” en distribuant quelques sièges à l’opposition. Ça n’en fait aucunement un scrutin proportionnel. 8/9
Aux municipales de 1977 le PS a été la force dominante. Il a conquis de nombreuses villes où, grâce au scrutin majoritaire de 1959, il règne désormais sans partage. Dès lors, pourquoi réinstaurer la proportionnelle qui offrirait des sièges à son opposition? www.lemonde.fr/archives/art... 7/9
Reste une question: pourquoi le PS décide en 1982 d’instaurer un système avec une “prime majoritaire” aux municipales plutôt que de réinstaurer un scrutin proportionnel comme l’annonçait son programme (cf. les “110 propositions”)? 6/9
Mais au contraire des législatives de 1958 où les élus PCF avaient presque été “éliminés”, l’adoption du scrutin de liste majoritaire échoue à les écarter des conseils municipaux, où le PCF s’implante durablement ici et là. Lire cette archive du Monde: lemonde.fr/archives/art... 5/9
Si De Gaulle et Debré mettent fin à la proportionnelle aux municipales en 1959, c’est d’abord pour y reproduire le triomphe des législatives de 1958, où le retour du scrutin uninominal a divisé par 15 le nombre d’élus PCF. Lire cette archive du Monde: lemonde.fr/archives/art... 4/9
Entre 1947 et 1959, 30 conseils municipaux élus à la proportionnelle (sur ~500) avaient été dissous et réélus suite à un blocage (souvent une impossibilité de s’entendre sur le budget). Un cas emblématique est le Havre, en 1947 et 1954. Mais globalement ça fonctionne très bien. 3/9
En 1959 De Gaulle et Debré avaient mis fin au scrutin proportionnel en place depuis 1947 dans les communes de plus de 9000 habitants, et l’avaient remplacé par un scrutin de liste majoritaire (ordonnance n°59-230). La liste en tête remporte tous les sièges. 2/9
Retour sur l’adoption du mode de scrutin des municipales avec bonus à la liste arrivée en tête, instauré en 1982 (loi n°82-974) par le PS, qui remplace un scrutin majoritaire où la liste en tête obtenait 100% des sièges. 1/9
Perso je ferais une liste unique (oui même avec la droite) en répartissant les sièges proportionnellement au score du 1er tour, grâce à l'outil de @delemazuretheo.bsky.social et collègues : fusionequitable.lamsade.fr
Ça n'engage que moi évidemment, mais ce serait joli…
Ceux qui, comme Bardella hier soir, affirment en connaissance de cause que le scrutin est proportionnel, cherchent à tromper les électeurs à leur profit en dissimulant les enjeux principaux du scrutin.
Je suis très critique du mode de scrutin des municipales et défend pleinement l’adoption d’un scrutin proportionnel. Mais d’ici là il est contreproductif de nier que le scrutin est majoritaire et non-proportionnel. Il est bien plus utile d’en comprendre les enjeux.
Contrairement à ce qu’on entend trop souvent, c’est un scrutin clairement majoritaire, un des moins proportionnels en Europe. La liste en tête obtient une prime de 50% des sièges et gouverne seule. Le principal enjeu c’est d’être en tête, car les autres listes n’ont aucune influence par la suite.
Pas corruptible en amont, mais corruptible en aval. Tout individu avec du pouvoir est influençable/corruptible. Si on donne un pouvoir de décision sur la conduite de l’État à des tirés au sort, ils seront immédiatement sujets à des tentatives d’influence et de corruption.