Sources :
- H. Landsberg
- E. Klinenberg
- L. Howard
- Sur la vulnérabilité à la chaleur (cas de Phoenix) : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16996668/
Posts by Clément Gaillard
Elles amplifient les inégalités sociales et l’exposition à la chaleur des plus pauvres.
Malgré un taux de climatisation élevé aux États-Unis (87% contre environ 25% en France), l'exposition à la chaleur en ville reste un sujet majeur d'urbanisme et de santé publique.
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La canicule de Chicago en 1995 a provoqué une prise de conscience de la fragilité des populations les plus défavorisées, sans transformation structurelle à la hauteur des enjeux.
Depuis 80 ans, les villes américaines produisent des îlots de chaleur de plus en plus intenses.
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Ses avertissements n’ont pas empêché une urbanisation largement indifférente au climat aux USA, longtemps considéré comme secondaire.
Les travaux mondialement connus du chercheur américain Timothy Oke dans les années 1970 non plus.
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En 1946, le climatologue américain Helmut Landsberg (1906–1985) publie un important article aux États-Unis.
Il affirme que la ville américaine « est climatiquement mal planifiée » et produit « un microclimat spécial qui ressemble étroitement à celui d'un désert ».
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Malgré l'importance de ce phénomène, il faut attendre le début du XXe siècle pour que des climatologues d'autres pays s'intéressent au climat urbain.
Petit à petit, ils comprennent l'impact de l'îlot de chaleur sur la consommation d'énergie des bâtiments et la santé.
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L'îlot de chaleur urbain traduit le fait que la température de l'air est globalement plus élevée en ville que dans la campagne environnante.
Ce phénomène est connu depuis au moins deux siècles grâce à la publication du livre "The Climate of London" par Luke Howard en 1818.
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Îlot de chaleur urbain : 80 ans d’aveuglement aux États-Unis.
Plus je travaille sur le sujet de l’îlot de chaleur urbain, plus je me rends compte que le sujet a été totalement négligé par le passé.
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Je ne peux que partager ce point de vue.
En termes d'adaptation climatique, nous avons progressivement perdu de nombreux savoir-faire.
Peut-être que l’innovation ne consiste pas toujours à inventer, mais parfois simplement à se souvenir.
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Cet exemple nous rappelle que des stratégies thermiques développées il y a cinq siècles sont toujours riches d’enseignement aujourd’hui.
L’article de la BBC consacré à cette construction conclut : « Le passé est un outil sous-utilisé » www.bbc.com/future/artic...
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Les cheminées sont presque toutes regroupées le long du mur central, afin de limiter les déperditions par les ouvertures et de stocker la chaleur au cœur du bâtiment.
L’édifice possède ainsi une véritable colonne vertébrale chauffée.
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L’orientation du bâtiment selon l’axe est-ouest s’explique par une recherche d’ensoleillement maximal à toutes les saisons, à une époque où même les étés restent frais.
Mais le plus intéressant concerne l’aménagement intérieur.
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En plus d’être l’un des exemples les plus remarquables de la Renaissance anglaise, c’est aussi un véritable chef-d’œuvre d’ingénierie thermique et bioclimatique.
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C’est à cette époque qu’est construit Hardwick Hall, un manoir de style élisabéthain conçu en 1597 par l’architecte Robert Smythson dans une région froide de l’Est de l’Angleterre.
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Revenons à la fin du XVIe siècle, en Grande-Bretagne.
Nous sommes alors pendant le petit âge glaciaire : la Tamise gèle chaque hiver et la température moyenne globale est inférieure d’environ 0,5 °C à la moyenne préindustrielle.
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Avons-nous 500 ans de retard ?
On croit que l’économie d’énergie est une préoccupation récente.
Mais plus j’explore le sujet, plus une évidence s’impose :
Concevoir avec le climat, c’est une idée vieille de plusieurs siècles.
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Personnellement, je pense qu'une communication concise, claire et nuancée est le meilleur moyen de diffuser l'intérêt pour ce sujet.
La pédagogie reste clé : bonpote.com/un-super-el-...
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Alerter est indispensable, mais des géographes comme Pierre Pagney ou Alexis Metzger ont montré que le catastrophisme pouvait nuire à la compréhension des risques climatiques.
On retrouve souvent ce biais dans le traitement médiatique des événements extrêmes.
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Trouver le bon équilibre est difficile.
Il faut alerter sans exagérer et expliquer sans simplifier à l’excès.
Dans un écosystème qui valorise le buzz, c’est un vrai défi pour les médias comme pour les scientifiques.
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Plus largement, une communication trop simplificatrice sur les sujets climatiques peut contribuer à brouiller la distinction entre variabilité naturelle et effets du forçage anthropique.
Malgré de bonnes intentions, cela peut alimenter la confusion.
9/12
Enfin, Christophe Cassou souligne que les records en France métropolitaine ne seraient pas directement liés à El Niño, le lien statistique étant faible.
Toute attribution hâtive d'un futur record à ce phénomène sera en contradiction avec les connaissances actuelles.
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Dans un climat globalement réchauffé par l’activité humaine, la probabilité de vivre des anomalies de température augmente fortement.
La notion de normale climatique n'a de sens que dans un climat relativement stabilisé.
Or, celui-ci évolue rapidement.
7/12
Dans son article, Christophe Cassou rappelle également une chose essentielle.
Nous allons très probablement continuer à battre de nouveaux records de température.
Et ce ne sera pas une surprise.
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Ces incertitudes sont parfois utilisées par les climatosceptiques pour semer le doute.
Mais les ignorer complètement peut aussi se retourner contre le message scientifique.
Et c'est précisément ce que l'on risque en faisant passer des probabilités pour des certitudes.
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Il insiste notamment sur un point fondamental : les probabilités d’un « Super El Niño ».
Celles-ci sont estimées entre 1 chance sur 4 et 1 chance sur 3 selon les modèles.
Car oui, en climatologie, tout est affaire de probabilités et d’incertitudes.
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Le climatologue @cassouman40.bsky.social a récemment publié un article pour apporter des éclairages sur la probabilité de cet événement et les variations climatiques anticipées par les modèles.
Et spoiler, ce n’est pas aussi simple : bonpote.com/un-super-el-...
3/12
Petit rappel essentiel : le réchauffement climatique d’origine humaine est un fait scientifique solide.
Et oui, nous allons continuer à battre des records de température.
Cependant, je suis gêné par la façon dont le « Super El Niño » a été annoncé.
2/12
Peut-on mal parler du climat… même avec de bonnes intentions ?
Ces derniers jours, on a beaucoup vu passer l’idée d’un possible « Super El Niño », associé à des records de chaleur globaux.
Mais il y a un problème.
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Sources des images :
- Kwakwaka'wakw, Memquimlees village, Vancouver Island, ca. 1917
- Edward Dossetter, 1881
- Kwikwasut'inuxw Haxwa'mis First Nation
Sources textuelles sur les Kwakiutl :
- Lévi-Strauss
- Marcel Mauss
- Franz Boas
- Victor Olgyay