Saisissez vos plumes et existez. Existons ensemble.
Posts by SuperTZR
Alors, solennellement, je lance aujourd’hui un appel à tous ces profs qui comme moi ont pu se sentir inquiets, désespérés, coincés dans un système épuisant et qui auraient à un moment aimé entendre qu’ils n’étaient pas seuls.
Et j’ai réalisé deux choses : malgré les conditions dégradées et parfois même précaires de travail, j’aime profondément mon métier. Et surtout je ne suis pas la seule.
Ces larmes versées, ces médicaments qui m’ont aidé à tenir pendant un burn out, ces désillusions et l’inquiétude mais aussi ces rires partagés avec les élèves, cette fierté soudaine quand celui qui bloque depuis des semaines a enfin le déclic, et à tous ces moments où je m’étais sentie moi-même.
Le soir, dans l’incertitude d’un nouvel appel du rectorat, entre deux paquets de copies et un dernier café qui avait refroidi, j’ai repensé à cette année scolaire mouvementée
Alors que j’avais toujours eu un bon relationnel avec mes classes parce que je prends à cœur d’accompagner les élèves le mieux possible tant sur le plan académique que personnel mais avec ce groupe d’élèves, rien n’y faisait.
Je ne suis que la remplaçante, cette TZR baladée d’un établissement à l’autre, qui bouche les trous et qui doit changer de costume régulièrement. Et ça les élèves l’avaient bien compris et en jouaient.
Hier, j’ai osé avouer à mes collègues qu’une classe me faisait peur. Pas parce que je ne me sentais pas légitime de leur donner cours ou que je doutais de ma pédagogie mais parce qu’ils avaient un comportement agressif et moqueur envers moi.
C’est pourquoi :
Aujourd’hui, j’écris à tous les profs qui se sont un jour sentis à côté de leurs pompes.
Je suis une adulte désormais, et plus que ça, je suis professeur et je considère que mon rôle dans ce monde est précieux et important. Mais pour avoir un réel rôle à jouer, une réelle influence pour accompagner les futurs adultes et citoyens de demain, je dois reprendre le pouvoir sur mon identité.
Je crois qu’il est temps de la ressortir et de la brandir comme un cri de résistance face à un monde en perte de vitesse.
Il y a longtemps, alors que je n’étais encore qu’une lycéenne, je me suis convaincue du pouvoir que pouvaient avoir les mots. Je croyais réellement qu’ils pouvaient changer des vies.
Avec le temps, j’ai arrêté d’y croire, arrêtant petit à petit de faire fonctionner ma plume.
Dans mon établissement numéro 3, on en est au 3eme conseil de discipline pour des couteaux sortis au collège.
C'est la culpabilisation qui m'a poussé à demander un arrêt "très court" lors de mon burn out. Résultat ? J'ai mis près de 1 an et demi à en sortir.
Pourquoi je continue à faire ce métier ?
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"mais vous êtes prof ?"
Tenir les murs commence à m'atteindre.
Nommez cette TZR désespérée quelque part !
Etre TZR sans affectation c'est assurer lundi la rentrée de classe que je n'aurai pas, simplement pour justifier mon temps...
Réunion de pré-rentrée dans mon RAD qui était mon établissement de stage... C'est long.
Borne fait des annonces.
Le 8, Bayrou devrait tomber.
On aura probablement encore un nouveau ministre.
Personne ne sait ce qu'est une relation toxique si elle n'a pas eu à actualiser I-prof tous les jours pour savoir si elle aura un poste quelque part, quand, avec qui, pour combien de temps...
Bientôt le retour des "vous n'avez pas d'enfants, vous ne pouvez pas comprendre l'angoisse et l'hyperactivité" alors que tu vis avec un TAG et un TDAH...
Commencer à envoyer un mail naïf au rectorat pour essayer d'obtenir un poste avant le 29 août...
Direction Londres
Être TZR sans affectation en été c'est vraiment :
- il faut que je bosse un peu sur tout.
- non, Fuck, ils ont qu'à me filer un job
J'ai ouvert la porte alors que je ne le fais jamais et j'ai donc raté la victoire française sur le Ventoux et je donne à la croix rouge
Des fois j'y repense. A ce jour où ma cheffe d'établissement m'avait dit que j'étais une jeune femme fragile alors que quelques jours avant j'avais décroché la corde avec laquelle ma tante s'était suicidée pour que ma mère ne la voit pas.
Grandir c'est devenir la personne qui prend la parole pendant les enterrements. J'aimais être une enfant.
Le point Goodwin, "vous n'avez pas d'enfants, vous ne pouvez pas comprendre" a été atteint à 19h12 en conseil de classe.
Cette sensation quand le dernier paquet de copies est corrigé 😁
Je fais mon entrée dans la grande famille des TZR