c'est un élément important, à intégrer dans une analyse plus large sur *qui* détermine ce qu'est l'efficacité (quels objectifs? quels critères?) parce que c'est précisément dans le contrôle social de cette mesure que se joue l'essentiel
Posts by twoinou
Depuis le retour au pouvoir de Trump et son alliance très visible avec la Big Tech, on évoque souvent le technofascisme. Ce concept-il permet vraiment de cerner le type de pouvoir qui se met en place aux États-Unis et d'identifier les menaces présentes ?
www.contretemps.eu/un-stade-tec...
j'ai écrit un petit article pour Contretemps autour de deux livres sortis récemment sur le technofascisme ⬇️
oh, merci beaucoup!! (la photo est trop chouette eheh)
Titre du texte : En défense d'une certaine toutologie Premier paragraphe : Le monde médiatique contemporain est dominé par des éditorialistes parlant de tous les sujets, en particulier de ceux qu’ils ne connaissent pas, avec une morgue caractéristique de leur statut. Sur les réseaux sociaux, des anonymes commentent l’actualité politique sous toutes ses facettes, en passant, d’un tweet à l’autre, de la géopolitique mondiale à diverses questions très locales et spécifiques. Certaines figures universitaires sortent de leur champ de compétence en publiant sur des sujets dont elles ne sont pas spécialistes ou en proposant une montée en généralité, parfois jusqu’à proposer une « histoire de l’humanité » censée tout englober. Bien que très différentes, ces trois attitudes fondent la catégorie de « toutologues » pour désigner le fait de parler avec aisance de tout et de rien, sans avoir besoin de connaissances réelles sur les sujets abordés.
j'ouvre enfin mon blog Substack, avec un premier petit texte programmatique :)
twoinou.substack.com/p/en-defense...
ah non, pas du tout à côté de la plaque!! j'aime beaucoup ce que fait Chavez
le capital subsume donc bien l’ensemble des rapports sociaux, mais on ne lutte pas directement contre une domination abstraite : la lutte contre le capitalisme passe par ses formes concrètes, telles qu’elles se donnent dans les rapports de classe mais aussi (et tout autant) de race et de genre
la distinction entre (1) et (2) permet de penser la hiérarchie structurale des rapports sociaux, sans considérer que la race ou le genre seraient “secondaires” par rapport à la classe, mais en montrant plutôt comment ceux-ci sont essentiels à la reproduction de la totalité capitaliste
les postures class-first sont donc engluées dans une confusion complète entre (1) et (2) en identifiant la totalité capitaliste aux seuls rapports de classe, lesquels sont certes constitutifs de la domination du capital, mais auxquels cette dernière n'est pas réductible
le critère fondamental de caractérisation du capitalisme réside assurément dans la mise en évidence de la centralité de l'exploitation dans la sphère productive, ce qui correspond bien à (1) dans son sens classique, mais le capitalisme n'est justement *pas* qu'un mode de production
ce saut conceptuel du capitalisme comme *mode de production* au capitalisme comme *type de société* (c’est-à-dire comme totalité sociale) suscite souvent un scepticisme parmi les marxistes, dans la mesure où il semble impliquer une relativisation de l’exploitation
ainsi, un point de vue de classe est nécessaire dans une perspective anticapitaliste, mais la lutte contre le capitalisme n'est pas réductible à un point de vue de classe puisque la domination du capital sur la société excède la domination de la bourgeoisie sur le prolétariat
au contraire, il faut plutôt voir que (1) est constitutif de (2) parce que la domination de classe n'existe pas sans domination de la bourgeoisie sur le prolétariat, mais (2) outrepasse largement (1) puisque les impératifs du capital dominent l'ensemble de la société
dans certaines approches marxiennes de type Wertkritik, une causalité à sens unique est postulée : (2) produirait (1), donc la lutte des classes ne serait que secondaire > la lutte contre le capitalisme se trouve alors déconnectée des formes concrètes de conflictualité sociale
la bourgeoisie incarne ainsi les impératifs du capital, mais ces derniers sont le produit de contraintes structurelles plutôt de "pures" volontés bourgeoises d'accumulation perpétuelle (pour reprendre les termes de Postone, on pourrait dire que la bourgeoisie personnifie le capital)
ce rapport de classe est différent de (2) qui relève plutôt d'une domination sans sujet : le capital a des impératifs (valorisation/accumulation) qui sont indépendants des personnes réelles même s'ils présupposent que celles-ci composent des classes permettant de les satisfaire
ce que (1) recouvre est assez clair, puisqu'il s'agit tout simplement du rapport d'exploitation qui dessine les deux classes majeures (bourgeoisie/prolétariat) qui caractérisent fondamentalement le capitalisme en tant que mode de production, plutôt qu'en tant que type de société
ce semblant de tension intrinsèque repose sur une assimilation stricte entre (1) domination de classe de la bourgeoisie sur le prolétariat et (2) domination structurelle du capital sur la société, alors que les deux sont fondamentalement distinctes bien qu'enchevêtrées l'une avec l'autre
une tension intrinsèque semble exister entre la nécessité d'une analyse de la totalité capitaliste (au sens d'une domination du capital sur l'ensemble de la société) et le risque d'avoir une posture class-first qui ferait primer la critique du capitalisme sur la critique du racisme ou du patriarcat
88. Technofascisme de Norman Ajari. Un bon livre autour d'un concept généralement trop faiblement conceptualisé, auquel l'auteur donne ici une ambitieuse mais solide structure théorique. Le propos est pleinement ancré dans la critique de l'économie numérique, prolongé d'une critique culturelle.
ceci dit, le livre d'Amine Messal est assez intéressant pour vulgariser l'histoire des idées libérales! le problème n'est vraiment pas dans le fondement du propos, mais plutôt dans l'intention d'un tel livre/essai
c'est un peu comme le fait de considérer que le stalinisme n'aurait rien à voir avec le marxisme, alors qu'il en est évidemment une branche parmi d'autres > la manière de Jean-Numa Ducange de traiter cette question dans son QSJ sur Les marxismes était une approche beaucoup plus convaincante
d'une certaine manière, cela revient à réhabiliter ce qui relèverait d'un "libéralisme philosophique" classique et vertueux, comme si la droite et l'extrême-droite qui s'en revendiquent aujourd'hui les héritières n'auraient finalement rien compris aux fondements de leur propre courant
j'ai du mal à comprendre l'intention du livre : considérer que néolibéraux et libertariens auraient "trahi" les fondamentaux du libéralisme revient à appréhender ces derniers comme des idées transhistoriques, plutôt qu'en tant que produits idéels d'un contexte matériel particulier
87. Erreur sur la marchandise d'Amine Messal. Une "critique libérale du libéralisme" qui tente de montrer, par une critique interne (qui ne permet pas de faire des miracles), que néolibéraux et libertariens ont trahi les fondamentaux du courant philosophique dont ils prétendent être les héritiers.
"Overaccumulating AI: rationale, faultlines, and politics". My intervention at the World Algorithm Conference early february in Venice. Thanks to @mttpsq.bsky.social, @giuliadalmaso.bsky.social and others for this wonderful event. youtu.be/K_IJ_LPg0aU?...
je n'évite aucun mot, je fais juste mon travail en conduisant une analyse fine des différents courants d'extrême-droite (le courant identitaire en est un, relativement nouveau d'ailleurs, mais déjà hégémonique)
les deux ne sont pas contradictoires, c'est juste que je parlais d'autre chose : des identitaires qui se convertissent par la suite (ce qui n'interdit pas que des catholiques deviennent identitaires)
pour le coup, on est là dans un cas inverse : certains identitaires veulent plutôt se servir de l'Église
il faudrait faire une enquête pour ça! je rapportais juste ce que je lis et j'entends circuler dans ces espaces