Bravo Ă l'Italie pour son noble boycott Ă l'encontre de la Russie, du Qatar et des USA. đ
Posts by Adrien P. / Dr.Cassos
Elle fait rĂ©guliĂšrement des stories oĂč elle tĂ©moigne de ce qu'elle vit au quotidien "parce qu'il faut sensibiliser dessus".
L'article nâa jamais Ă©tĂ© publiĂ©, mais il n'y a jamais de tĂ©moignage en trop. Enfin, c'est ce qu'elle m'a dit.
Une fois la porte claquée, la voiture disparaßt au loin dans un vrombissement de moteur. Flora rentre chez elle, saine, sauve et raconte tout à ses potes. Puis à moi, quelques années plus tard.
Flora, ça la fait rire, elle a besoin de dĂ©compresser. Elle se retourne pour le remercier, et son sourire se dissipe en une seconde. Le gars nâexprime pas la moindre Ă©motion. Il est terrifiant.
Le starter s'enclenche, et le pilote ramÚne Floraen lieu sûr aprÚs un tour de quartier. Non sans un petit mot de fin :
"C'est bon, on l'a semé. Rentre chez toi en courant. Adieu Anna".
Il l'a appelé "Anna".
Un trait d'humour.
"Il a de suite compris que je disais ça pour qu'il ignore mon adresse. C'est le seul moment oĂč je le vois esquisser un sourire".
Elle réagit comme il faut. "Euuh oui, j'habite à cÎté mais vous voulez bien faire un tour du quartier pour semer le gars et me déposer pas exactement devant chez moi ?"
Son personnage a dâincroyables stats de "sang froid" et de "vivacitĂ© d'esprit".
"Bon tu sais quoi, je vais te ramener."
Dans la tĂȘte de Flora y a une voix qui joue des cymbales en hurlant : "Oui oui, et comme ça tu vas pouvoir jeter mon cadavre dans la Garonne avec les VĂ©lĂToulouse ou alors tu auras mon adresse pour me suicider de trois balles dans le dos, non merci".
Le moment s'estompe et le client finit par partir.
Dans le rétro, le gars dans la rue attend toujours. Il a dû fumer l'intégralité de son paquet.
"Merde, ce con est toujours lĂ " remarque l'agent 47.
Elle s'imagine les pires horreurs possibles. Une arme, de la drogue, un DVD de Star Wars VII... La panique monte. Heureusement, la jeune femme est emmitouflée dans son écharpe et son bonnet. Personne ne la voit trembler.
Son nouveau collĂšgue semble le remarquer. Flora raconte que, du coin de l'Ćil, elle a l'impression qu'il sâagite. Son visage va d'elle au vide-poche. Comme s'il craignait qu'elle ne se dĂ©cide Ă l'ouvrir.
- C'est qui elle ?
- T'inquiÚte, c'est une collÚgue sûre, elle s'appelle Anna.
"Anna" là , elle bouge pas. Des nerfs d'acier. Elle songe à ce qu'il y avait dans le colis tout krafté. Elle s'imagine un flingue. Elle fixe la boßte à gants maintenant. Elle se demande ce qu'il y a dedans.
Le chauffeur baisse la vitre. Flora se souvient de la conversation la plus clichée possible.
"Bla bla t'as ma came ? Bla bla t'as ma thune ? Je vois passer un relief en craft. Puis, jâentends un bruit de liasses. Il recompte les billets. Schlik, Schlik, Schlik. Ăa dure une Ă©ternitĂ©".
"J'attends de longues minutes. Je me souviens de sons, d'odeurs, je me demande si je ne vais pas devenir tĂ©moin de quelque chose qui va me mettre encore plus en danger. Et puis ça cogne Ă la fenĂȘtre".
Elle se souvient de la consigne : son regard reste fixé sur le pare-brise.
Elle obtempĂšre avec diligence. "Jâai tellement fixĂ© devant moi que je me souviens de la plaque de la voiture garĂ©e en face."
Chloé a le temps de penser. Elle est à une rue de chez elle, si proche et pourtant si loin de son plaid, de Netflix et du reste. C'est un autre monde.
âJe suis en train de travailler et jâai un client qui arrive pour du business qui te regarde pas. Le problĂšme, câest que si tu sors maintenant et quâil tâarrive un truc ça me retombe dessus. Donc reste, regarde droit devant toi et ferme ta gueuleâ.
Comme une impression de passer de Charybde en Scylla. Sauf que Flora, c'est pas Ulysse. Elle est toute seule, frĂȘle et fatiguĂ©e. Elle bĂ©gaye. Elle ne sait mĂȘme plus quoi. Elle se souvient juste avoir employĂ© le mot "sĂ©curitĂ©".
"T'es pas dans la bonne bagnole si tu cherches la sécurité."
Il y a une voiture stationnée avec un homme de dedans. Flora ouvre la portiÚre et rentre sans réfléchir. Dehors, le gars se fige.
à l'intérieur, Chloé reprend son souffle, avant de se tourner cÎté conducteur. Costard, cravate, crùne chauve, lunettes noires et tatouage dans le cou. Hitman.
Flora est maintenant Ă un halo de lampadaire de son poursuiveur.
âTu peux accĂ©lĂ©rer comme tu veux moi je te rattrape Ă nâimporte quel momentâ. La menace est claire.
Alors, câest la panique.
T'es seule dans la rue. Tu essaies de te rassurer comme tu peux. Tu tâaccroches Ă lâespoir de te faire des idĂ©es et le gars te sort ça, pour faire comprendre quâil joue avec toi, quâil prend son pied...
"Je suis sûre qu'il n'en avait rien à foutre de moi en plus, il voulait juste chasser".
Ăa me fait un peu sourire. Je pense Ă la rose du Petit Prince qui se veut menaçante avec ses petites Ă©pines. "Jamais le gars ne fera le rapprochement". Pourtant, si.
"Je connais la technique des clés hein, ça ne me fait pas peur".
Est-ce qu'on peut s'arrĂȘter sur la violence de cette phrase ?
Maligne, Flora secoue son trousseau de clé au rythme de sa démarche, sans se retourner. Comme pour dire, "attention, je peux m'en servir comme d'un poing américain".
Elle me raconte la premiÚre fois qu'elle s'est faite suivre jusqu'à chez elle, à 18 ans. Flora rentrait à son appartement le soir et une ombre la suivait à la lumiÚre des réverbÚres. Le bruit des pas se rapprochait inlassablement.
Flora se laisse rarement faire. Elle a poussé le gars hors de la rame, une seconde avant la fermeture des portes. Elle se souvient de ce regard de haine qui la suit derriÚre la vitre pendant que le wagon s'éloigne.
On en vient Ă la peur de rĂ©agir mĂȘme en public.
Elle me parle de la fois oĂč un mec collait son nez au sien pour l'insulter dans le mĂ©tro, pendant 10 minutes, sans que personne n'intervienne.
"Si La France part en couille, câest Ă cause des gens comme toi. Regarde comment tâes sapĂ©e, salope".
Que d'histoires pour un short.
Ă la base, je rencontrais Flora pour parler des remarques du quotidien.
"Tous des poĂštes" qu'elle me dit.
Ăa va du "aĂŻe aĂŻe grosse pute", au "t'as l'air super bonne Ă poil, le jogging est de trop", jusqu'au "je savais pas que les belles salopes sortaient aussi le dimancheâ.
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J'interviewais une jeune femme Ă propos des incivilitĂ©s et du harcĂšlement de rue. Elle m'a racontĂ© une histoire qui n'ira dans aucun article mais que je vous raconte quand mĂȘme. Ce n'est pas tous les jours qu'un trafiquant te protĂšge d'un agresseur.
Quâimportent la saison, ces fleurs de papier fleurissent dans les travĂ©es de Toulouse. Il faut suivre les rĂ©seaux pour ne pas rater les Ă©closions Ă©phĂ©mĂšres⊠avant quâelles ne soient cueillies par des Toulousains peu partageurs. Certains fans sâen font des bouquets.
www.ladepeche.fr/2026/01/15/s...
La nuit qui a suivie cette découverte, j'ai fait des cauchemars, premier degré. Je recommande.
Dans ma troisiÚme partie, un connard m'a pris pour un visiteur et on s'est mutuellement tiré dessus.