Jean-Baptiste MorelJean-Baptiste Morel
Rédacteur en chef chez ACTU.FR
Je viens d'être appelé à la rescousse par une rédaction locale, dont une publication sur Facebook est submergée de commentaires racistes depuis hier. Je suis donc en train de modérer, la bagatelle de 1400 commentaires relatifs à un dépôt de candidature pour une mairie.
Pourquoi est-ce que ça fait tant réagir, cette info ? Parce que le monsieur a la peau mate, et une barbe.
Sur 1400 commentaires, il y en a bien 1300 qui sont à tendance raciste, dont plusieurs centaines qui tombent sous le coup de la loi. Las, je clique parfois sur un profil, pour tenter de comprendre qui sont ces gens, capables d'afficher en leur nom, sans rougir ni se planquer, tant de haine. Ils s'appelle Michel, Ludo, Ginette, Alain, Véronique... Et il faut se rendre à l'évidence : ce ne sont pas ces fameux "jeunes", tant pointés du doigt, qu'il conviendrait "de toute urgence d'éduquer aux réseaux sociaux" pour se prémunir de tout "harcèlement", parce que lesdits réseaux sont un poison, etc.
Non, là ce sont des quadras, des quinquas, des retraités, éduqués ; certains sont peu à l'aise avec l'orthographe mais d'autres la maîtrisent à la perfection pour sortir quelque saillie raciste. Toutes les classes sociales, tous les sexes, toutes les origines géographiques semblent concernées.
Et moi de me redire, encore une fois, que l'idée d'éduquer les jeunes aux réseaux sociaux est importante, à saluer, et tout et tout. Mais que ça ne serait pas du luxe, de rappeler qu'ils n'ont pas le monopole du harcèlement, et que les risques desdits réseaux s'appliquent tout autant aux moins jeunes.
Ces posts aux reachs ultra-puissants de petits journaux tournant à 1400 commentaires et sur lesquels on m'appelle à la rescousse, ça n'est plus un cas exceptionnel, dorénavant ; c'est presque tous les jours. Éduquons-nous, un peu...
Intervention appréciable d'un rédac' chef de Actu.fr au sujet des torrents de haine déversés chaque jour sous les publications Facebook des médias. J'ai parfois l'impression que certains éditeurs se satisfont de cette situation, voire l'alimentent avec des accroches racoleuses.