L'argument est repris par Rorty.
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« On ne réforme les lois qu'avec les mœurs, et même les mœurs on ne les réforme que dans la mesure où les habitudes techniques et esthétiques, le goût du travail et, à plus forte raison, les besoins se sont transformés eux-mêmes. »
Marcel Mauss
Vincent Descombes, « Le savoir du bon mot ou la mariée est trop belle (Petites phrases et bons mots selon Freud) », 𝘈𝘯𝘯𝘢𝘭𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘍𝘢𝘤𝘶𝘭𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘏𝘶𝘮𝘢𝘪𝘯𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘕𝘪𝘤𝘦, n° 32, 1977, p. 94.
5. Le marieur ou l’entremetteur, personnage 𝘴𝘰𝘤𝘪𝘢𝘭 par excellence, est bien heureux de “laisser échapper” la vérité, de donner à entendre - sans le déclarer lui-même, en son nom - le mensonge social. »
4. “Comme cet homme doit être heureux de pouvoir enfin rejeter le fardeau de la dissimulation et crier le fin mot de la vérité” (Freud).
3. Le désir soumis à l’interdit est donc un désir de dire. Le marieur, personnage comique en apparence, commet le lapsus qui dévoile la vérité parce qu’il y consent. Ce lapsus est un trait d’esprit.
2. L’interdit social ne porte nullement sur la violence elle-même, qui va au contraire poursuivre son cours sous des formes bien élevées, distinguées, mais sur les paroles irréparables. L'interdit est un 𝘥𝘦́𝘧𝘦𝘯𝘴𝘦 𝘥𝘦 𝘥𝘪𝘳𝘦.
1. « La 𝘱𝘶𝘭𝘴𝘪𝘰𝘯 𝘢𝘨𝘳𝘦𝘴𝘴𝘪𝘷𝘦 à laquelle il est fait obstacle dans les conditions sociales de l’existence n’est pas la pulsion à l’𝘢𝘤𝘵𝘦 violent, mais celle qui porte à la 𝘷𝘪𝘰𝘭𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘶 𝘮𝘰𝘵. Le bon mot prend la place du mot qui fait mal.
« La vie de l'homme n'est rien d'autre qu'un chemin vers Dieu. J'ai essayé d'atteindre cet objectif sans l'aide ni de la méthode ni des preuves de la théologie ; en d'autres termes, je voulais atteindre Dieu sans Dieu. »
Edmund Husserl
Paul Agaësse, « Le Platonisme » de Vincent Descombes, 𝘈𝘳𝘤𝘩𝘪𝘷𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘗𝘩𝘪𝘭𝘰𝘴𝘰𝘱𝘩𝘪𝘦, avril-juin 1975, Vol. 38, No. 2, p. 326.
« S’il y a des exemplaires multiples d’un même original, l’original en revanche ne peut être qu’unique et donc, en tant que tel, ne peut être reproduit. Le modèle n’a pas de double. »
Vincent Descombes, « Comment aborder les problèmes d’identité collective ? », 𝘗𝘩𝘪𝘭𝘰𝘴𝘰𝘱𝘩𝘪𝘤𝘢𝘭 𝘵𝘩𝘰𝘶𝘨𝘩𝘵, n° 4, 2013, p. 83.
Crédit photo : David Hurn.
10. Si l'on suit Durkheim, nous devrions dire que la confédération européenne ne pourrait se passer de l'”individualité”. Dès lors, le patriotisme européen ne serait qu'un sentiment national élargi, et non un dépassement, comme l'ont déclaré certains défenseurs du particularisme national. »
9. contraires à l'idéal de l'universalisme. Nous sommes ici confrontés à une question controversée très actuelle : quelle pourrait être aujourd'hui l'identité européenne ? Serait-elle une extension de l'identité nationale ou dépasserait-elle cette identité ?
8. Nous voyons que là où nous parlons d'identité, Durkheim parle d'“individualité”, de “personne”. Si l'union des États européens devait prendre la forme d'un État souverain, cette communauté politique développerait des sentiments patriotiques
7. “Cette confédération plus vaste serait à son tour comme un État particulier, ayant sa personnalité, ses intérêts, sa physionomie propre. Ce ne sera pas l'humanité. »
6. entre l'utopie d'un patriotisme englobant toute l'humanité et la réalité trop étroite du patriotisme national. Durkheim rejette cette solution :
5. si les États européens s'unissaient en une confédération, ils constitueraient pour l'individu une communauté plus large que sa nation, ce qui serait une sorte de rapprochement avec l'humanité. Nous aurions alors un “juste milieu”
4. Dans les conditions actuelles, estime-t-il, le cosmopolitisme n'est qu'un moyen parmi d'autres de se débarrasser de toute forme de solidarité. Notre idéal d'universalisme doit donc trouver d'autres moyens d'expression. Une solution plus réaliste s'impose alors :
3. Durkheim rejette l'idée d'un cosmopolitisme pur, car le patriotisme humain suppose que l'humanité sera organisée en une communauté unique, ce qui, selon lui, n'est pas une perspective réaliste.
2. Le patriotisme national devrait se transformer en patriotisme supranational. Mais quel serait alors son objet ?
1. « Durkheim se demande quel doit être l'attachement d'un citoyen à son pays pour qu'il n'en résulte pas une rivalité et un conflit avec les autres peuples. Certains, note-t-il, proposent de dépasser les limites étroites des nations.
Vincent Descombes, « Dans quelle société vivons-nous ? Wébérienne ou Durkheimienne ? », 𝘋𝘪𝘷𝘪𝘯𝘢𝘵𝘪𝘰, n° 35, 2012, p. 195.
4. En fait, cette idée que la société des individus est naturelle est le dogme qui inspire le programme du néolibéralisme économique contemporain, lequel se montre ainsi accordé au sens commun individualiste, mais en conflit avec l’expérience sociale elle-même. »
3. Nous serions sortis de cette préhistoire, nous nous serions débarrassés de toutes ces contraintes imposées par le groupe, et c’est maintenant que notre vie en commun serait naturelle, ou serait telle qu’elle doit être.
2. mais que cet état de l’humanité était anormal, qu’il était un effet d’un développement insuffisant, par exemple d’un faible développement technologique, ou alors d’un état grossier de la conscience morale.
1. « Les sociologues anti-durkheimiens ont eu un peu l’idée qu’il y a eu toute une préhistoire de l’humanité où le social durkheimien (la “conscience collective”) était bien là, ce qui veut dire que le groupe décidait de tout et que l’individu n’avait pas son mot à dire,
« Ne pouvant opérer qu’à l’𝘪𝘯𝘵𝘦́𝘳𝘪𝘦𝘶𝘳 de la raison dès qu’elle se profère, la révolution contre la raison a donc toujours l'étendue limitée de ce qu’on appelle, précisément dans le langage du ministère de l’𝘪𝘯𝘵𝘦́𝘳𝘪𝘦𝘶𝘳, une agitation. »
Jacques Derrida, 𝘊𝘰𝘨𝘪𝘵𝘰 𝘦𝘵 𝘩𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘧𝘰𝘭𝘪𝘦.
« Parler de conflit de psychique est une erreur, il n'y a de conflit que relationnel. »
François Roustang, 𝘓𝘢 𝘧𝘪𝘯 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘱𝘭𝘢𝘪𝘯𝘵𝘦.
Vincent Descombes, « Identité », 𝘗𝘢𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘴𝘰𝘤𝘪𝘢𝘭𝘦𝘴, Gloria Orrigi, PUF, 2019, p. 307.