@bkotras.bsky.social đđč
Posts by Victoria Brun
Le 19 mars, avec Joana Michel Costa, dans le cadre du superbe sĂ©minaire Girls Studies đŠđ, on vous proposera une analyse sociologique des manuels de fĂ©minitĂ© Ă destination des adolescentes et un atelier d'Ă©criture pour transformer les entrĂ©es les plus problĂ©matiques du Dico des Filles. Viendez ! đâïžđ
On a eu cette discussion en sĂ©minaire au CSI avec Ulrike Felt : les quelques annĂ©es avant la retraite sont aussi assez spĂ©cifiques en termes de pratiques de recherche dans nos enquĂȘtes...
Pour News Tank Education & recherche, avec @aboketabak.bsky.social, je reviens sur les rĂ©sultats de ma thĂšse et la maniĂšre dont la sociologie Ă©quipe la critique sur des dispositifs institutionnels dĂ©politisĂ©s tels que ceux de la valorisation. đŹđ
education.newstank.fr/article/view...
Selon le profil et parcours des personnels de recherche, ils ont diffĂ©rents motifs de pratiquer la valorisation. La volontĂ© de se "rendre utile" en fait partie (c'est ce que je dĂ©signais par donner du sens au mĂ©tier). Mais c'est d'ailleurs quasi toujours entremĂȘlĂ© Ă une opportunitĂ© financiĂšre !
Super ! La vĂŽtre est en accĂšs ouvert ?
Merci beaucoup ! Au plaisir d'en discuter avec vous le cas échéant.
Et dans les chapitres, vous trouverez plein d'objets curieux : des médaillés de l'innovation, des échelles TRL, des technologies de sonification des voitures électriques, des étagÚres connectées, des vieilles brochures du CNRS, des diaporamas vous convaincant de devenir startupper...
Les rĂ©sultats principaux de cette recherche, au-delĂ de son argument gĂ©nĂ©ral, sont exposĂ©s dans la conclusion du manuscrit (pp.483-500) si vous souhaitez en savoir plus ! âïž
Et ce, bien sĂ»r, avec des effets, risques et opportunitĂ©s diffĂ©renciĂ©s entre statuts des personnels de recherche, anciennetĂ© et disciplines. đ
En effet, elles inscrivent la valorisation dans les pratiques acadĂ©miques ordinaires, jouant sur sa synergie avec lâordre compĂ©titif du monde acadĂ©mique et sur la rĂ©organisation des financements sur projet.
La mise en Ćuvre des politiques de valorisation amĂšne donc bien Ă une immixtion de logiques Ă©conomiques dans la recherche publique, mais de maniĂšre plus insidieuse que les grands rĂ©cits qui avaient Ă©tĂ© faits du capitalisme acadĂ©mique ou de la nĂ©olibĂ©ralisation de la recherche.
Vous avez rĂ©sumĂ© votre motivation par le slogan : « La recherche fondamentale au service de la sociĂ©tĂ© ». Quâentendez-vous par lĂ ? Le premier message est de dire que la recherche fondamentale est essentielle. Souvent on oppose recherche fondamentale et recherche appliquĂ©e. Mais je ne sais pas ce quâest la recherche appliquĂ©e, on nâen fait pas au CNRS ! En revanche, et ce nâest pas la mĂȘme chose, on a lâambition dâappliquer notre recherche fondamentale. Mais il faut comprendre que cela peut prendre du temps, comme le rappellent les exemples de lâARN messager avec la dĂ©couverte de cette molĂ©cule par Jacob et Monod en 1961, ou les techniques de machine learning en intelligence artificielle, qui remontent Ă plus de trente ans.
et la take lĂ©gendaire dâAntoine Petit : « au CNRS, on ne fait pas de recherche appliquĂ©e, on applique la recherche fondamentale » : la valo est embrassĂ©e pour mettre le CNRS dans lâair du temps, tout en vendant sa spĂ©cificitĂ© "fondamentaliste" vis-Ă -vis des unis et EPST de recherche finalisĂ©e)
(DâoĂč le changement du slogan du CNRS de « dĂ©passer les frontiĂšres de la connaissance » à « la recherche fondamentale au service de la sociĂ©tĂ© » ;
et conditionnent lâoctroi de financements de valo Ă lâexistence dâactivitĂ©s de recherche, les personnels de recherche pratiquent la valo de maniĂšre Ă rĂ©cupĂ©rer des financements pour dâautres recherches, avancer dans leurs carriĂšres acadĂ©miques, ou trouver Ă nouveau du sens dans leur mĂ©tier.
Cette hybridation, je lâai vue aux trois Ă©chelles que j'ai Ă©tudiĂ©es : les politiques institutionnelles dĂ©fendent la valo comme un vecteur dâexcellence scientifique, les agents administratifs promeuvent la valo comme faisant partie des obligations des chercheurs en tant quâagents publics...
âšTelle quâelle est pratiquĂ©e au CNRS, la valorisation ne dĂ©signe pas une nouvelle activitĂ© des personnels de recherche. Elle vient plutĂŽt qualifier une modalitĂ© de pratique de la recherche qui se fait dans des relations resserrĂ©es avec des acteurs Ă©conomiques, parfois dĂšs la dĂ©finition de lâobjet. âš
Mais je m'en tiens ici Ă la rĂ©ponse que jâai apportĂ© Ă ma question initiale de « refaire la recherche ou refaire de la recherche » :
Chaque chapitre de ma thÚse décline une facette de la valorisation. Elle est tour à tour étudiée comme incitation, certification institutionnelle, travail sur un résultat, rétribution professionnelle, et engagement déontologique et politique.
Jâai conduit une enquĂȘte par mĂ©thodes mixtes dans les instances qui pilotent les dispositifs dâincitation Ă la valorisation (au CNRS, mais aussi Ă lâANR, dans les SATTâŠ), et au sein de 5 projets de recherche en sciences de lâingĂ©nierie et en SHS.
Bref, je suis allĂ©e voir comment cette nouvelle mission Ă©tait dĂ©fendue, dĂ©clinĂ©e, appropriĂ©e par les diffĂ©rents acteurs et actrices qui la mettent en Ćuvre dans leurs pratiques ordinaires.
« capitalisme acadĂ©mique » ou de « nĂ©olibĂ©ralisation de la recherche », sans quâon sache toujours prĂ©cisĂ©ment les formes quâelle prend dans les organismes de recherche et ses effets dans le travail quotidien des personnels de recherche.
Et puis, parce que dans les Ă©tudes des sciences, on attribue souvent la montĂ©e de la valorisation (parmi dâautres trucs : financement sur projets, privatisation de lâenseignement supĂ©rieurâŠ) Ă une transformation depuis les annĂ©es 1980 qualifiĂ©e de...
Elle est inscrite dans le code de la recherche depuis 1982, mais les dispositifs se multiplient depuis la fin des années 1990.
Pourquoi cet objet dâĂ©tude ? DĂ©jĂ , parce que la valorisation fait lâobjet de dispositifs de financement et dâincitations croissantes en France : vous avez probablement entendu parler des labcom, start-up, CIFRE, chaires industrielles, programmes de prĂ©maturation...
Ma question Ă©tait la suivante : alors que les missions des personnels de recherche se diversifient, quelle place y revĂȘt la valorisation ? La valorisation conduit-elle Ă refaire la recherche (cĂ d la transformer), ou bien permet-elle de refaire de la recherche, dans un contexte de pressurisation ?
Brochure qui indique "CNRS = industrie = expansion par l'innovation"
Jâai Ă©tudiĂ© sa mise en Ćuvre dans un organisme de recherche particulier, le CNRS, en croisant trois Ă©chelles dâanalyse : les politiques institutionnelles, les services administratifs, les laboratoires.
Ma thĂšse a pris pour objet une catĂ©gorie dâaction publique ayant Ă©mergĂ© dans les annĂ©es 1960 en France, la valorisation de la recherche publique.
Il y a un an tout pile, je soutenais ma thĂšse sur les transformations de la recherche publique Ă lâaune des dispositifs de valorisation de ses rĂ©sultats. Il y a quelques mois, celle-ci a Ă©tĂ© mise en accĂšs libre sur HAL : hal.science/tel-05065109
Lâoccasion d'en exposer la dĂ©marche et l'argument đœ
Le projet de reprise est décrit ici si ça vous intéresse : laclefrevival.org/le-projet/