Extrait Libé
Antibiotiques «Si l'on ne recule pas maintenant, un pilier de la médecine va s'effondrer»
Les soignants de l'hôpital Bichat, qui voient chaque jour des malades résistants à de multiples antibiotiques, alertent sur les risques d'un usage excessif de ces médicaments, à l'échelle individuelle mais aussi collective. «Libération» est allé à leur rencontre.
Quelques portes plus loin, Nathan Peiffer-Smadja, aussi professeur à luniversité Paris Cité, répète les mêmes mots. Sur son bureau, entre le bazar et les piles d'ouvrages, une thèse sur le bon usage des antibiotiques dont il est le directeur. Le médecin mange, dort, respire antibio-résistance, au point d'en avoir fait le cœur de ses travaux pour l'Inserm, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. Mais il n'est pas dupe: la science ne suffira pas.
Oui, grâce à elle, de nouvelles molécules sont développées pour contourner ces bactéries récalcitrantes.
Mais «la résistance évolue bien plus vite que la recherche scientifique», qui finira tôt ou tard par atteindre ses limites. «Quand un traitement de dernière génération est mis sur le marché, certaines personnes y sont deja résistantes, soupire-t-il.
On ne peut pas se contenter de créer de nouveaux médicaments. Sinon, cette course, les bactéries la gagneront.»
À lire dans Libé, le cri d'alarme de @nathanpsmad.bsky.social , confronté à des antibiotiques qui font encore plus de résistance que papy...