Tu savais qu’on n’utilise pas tous le même mot pour une ampoule au pied ? 👀 Parce que oui… tu peux aussi avoir une poulette 😭 Tu dis quoi, toi ? (et surtout : d’où ?)
Posts by Mathieu Avanzi
C’est exactement ce qu’on appelle des #régionalismes de #fréquence : des mots partagés par tous, mais pas utilisés avec la même intensité selon les régions. Et toi, tu dis comment ? (4/4)
Ce qui est intéressant, c’est que tous ces trois derniers expressions sont connues partout. Mais dès qu’on sort de leur région d’usage habituel, elles deviennent rares, et prennent souvent une couleur plus soutenue, voire littéraire (3/4)
👉 « avoir hâte » domine largement SAUF
👉 dans le Sud-Ouest : « il me tarde »,
👉 dans le Sud-Est : « je me languis » ET
👉 en Suisse romande « se réjouir »
(2/4)
🗺️ Comment dites-vous que vous attendez quelque chose avec impatience? Pour réaliser cette carte, on a utilisé les réponses à une question qui demandait aux gens quelle expression verbale ils utilisaient pour dire ça. Et les réponses dessinent une géographie assez nette (1/4)
Mais cette évolution n’a pas été uniforme sur l'ensemble du territoire : dans les parlers occitans (une partie de la Gascogne à part), les aboutissants de CAMPANA se sont maintenus bien plus longtemps - tout comme en espagnol ou en italien ! (3/3)
Le mot #cloche vient du bas latin CLOCCA (attesté dès le 7e siècle), sans doute issu d’une racine celtique imitant le son de la cloche. Diffusé sur le continent par des moines irlandais, le terme s’est progressivement imposé et a supplanté le latin CAMPANA (2/3)
#JeudiDialectologie 🔔 Pourquoi dit-on #cloches presque partout… sauf dans le Sud, où résonnaient les #campanas ? (1/3)
Comment tu appelles ça chez toi ?
Fossé, douve, rigole, cunette…
selon les régions, ça change complètement. Et ceux qui viennent de province savent 👇
Et au passage, c’est ce même mot qui s’est diffusé dans toute l’Europe : #monnaie en français (#money en anglo-normand), #moneda en espagnol, #moneta en italien. Pas mal pour un mot qu’on croit anodin: chaque fois qu’on parle d’argent, on fait sans le savoir référence à un temple romain ! (3/3)
À Rome, l’atelier où l’on frappait les pièces était installé dans le temple de Junon Moneta, sur le Capitole. Autrement dit, la monnaie se fabriquait… chez la déesse. Petit à petit, le nom du lieu a fini par désigner l’activité elle-même : #moneta, c’est d’abord l’atelier, puis la monnaie (2/3)
💡 Petite anecdote sur MONETA! En latin, c’est d’abord un nom propre. Plus précisément, un surnom de la déesse #Junon. Juno Moneta, c’est ''Junon (qui) avertit''. Le verbe latin MONERE signifie en effet "avertir, rappeler, faire penser". Et c’est là que ça devient intéressant... (1/3)
Une simple consonne suffit ici à rappeler une chose essentielle : la géographie des formes linguistiques est aussi une géographie de l’histoire… Et le français standard n’est qu’une solution parmi d’autres, pas le centre du monde (9/9)
Les domaines d’oc, d’oïl et du francoprovençal ne sont pas des abstractions : ce sont des espaces où les évolutions se sont diffusées, ralenties ou arrêtées selon des dynamiques propres (8/9)
Autrement dit, ce que montre cette carte, ce n’est pas une juxtaposition de variantes. C’est un processus continu, qui progresse différemment selon les régions. Et ces régions ne sont pas seulement linguistiques : elles sont aussi historiques (7/9)
Et puis, dans le domaine d’oïl, l’évolution s’est poursuivie encore : la consonne a carrément disparu. C’est comme ça qu’on est arrivé à la forme « monnaie » du français standard. C’est en réalité l’état le plus avancé de cette même évolution ! (6/9)
En remontant vers le centre-est, dans la zone francoprovençale, l’évolution est allée plus loin. Le D s’est transformé davantage (les linguistes disent qu’il s’est « palatalisé »), de sorte qu’on est passé à « monèya » ou « monjéa » (5/9)
Dans le sud, les parlers occitans se sont arrêtés à la première étape : le T est passé à D, ce qui a donné « moneda », une forme qui rappelle l’espagnol ou le catalan (4/9)
Dans l’histoire des langues romanes, ce type de son a tendance à évoluer, on dit qu’elle s’affaiblit (les linguistes parlent de « lénition »). Mais cet affaiblissement ne s’est pas arrêté partout au même moment… Et c’est précisément ce que montre cette carte! (3/9)
Et pourtant, si on remonte à son origine latine et qu’on regarde comment il a évolué dans les parlers gallo-romans, on voit apparaître quelque chose de beaucoup plus intéressant... Tout se joue autour d’une consonne : le T de MONETA, placé entre deux voyelles (2/9)
📷 #JeudiDialectologie Comment le latin MONETA est devenu le français #monnaie ? À première vue, monnaie est un mot parfaitement banal. On l’utilise tous les jours, sans trop y penser (1/9)
"Fureur épique" à la Trump !? Mais faut arrêter deux minutes là... Trump c’est le clash ; Macron la mise en scène maîtrisée. Les mettre sur la même échelle, c’est déjà bancal ; alors parler de "rivalité" sur le plan stylistique, c’est complètement tiré par les cheveux
Aujourd’hui, c’est la Journée internationale de la langue française 🇫🇷
Petit test 👇 Comment tu dis “très” chez toi ? (grave, gavé, tarpin, fin… ?). D’autres variantes ?
Et le français standard ? Il a choisi #brebis, laissant les autres solutions à la variation régionale… et à l’histoire. D'ailleurs, dans la langue commune, #ouailles a aussi pris très tôt un sens figuré ("fidèles"), comme dans la parabole du bon pasteur (6/6)
Trois mots, trois étymons latins, trois zones géographiques bien distinctes :
#brebis (conservation)
#ouaille (dérivation)
#fedo (renouvellement) (5/6)
Dans le sud occitan, on rencontre FEDO (et ses variantes: feda, feya, faye, etc.), issu de FETA, probablement "femelle qui a mis bas". Là encore, une autre stratégie lexicale pour nommer le même animal (4/6)
Au centre-ouest, place à #ouaille (et ses variantes : wey, aule…). Ce terme vient du latin OVICULA, diminutif de OVIS "brebis", donc littéralement "petite brebis". Le diminutif a fini par remplacer le mot de base. Un grand classique dans l'histoire de la langue (3/6)
Dans la partie septentrionale, on trouve #brebis (et ses variantes : berbis, boerbi…), issu du latin populaire BERBICE(M), lui-même héritier du latin classique VERVEX… qui désignait à l’origine un... bélier! (2/6)
#JeudiDialectologie - comment dit-on brebis dans les langues régionales à la fin du 19e s. ? La réponse est loin d’être uniforme… et raconte une belle histoire de latin, de dérivations et de concurrence lexicale^^ (1/6)
La carte ne "colle" pas avec la légende : avec une échelle annoncée de 3% à 28%, les teintes les plus foncées suggèrent visuellement des valeurs bien supérieures. Alors soit la palette est mal calibrée, soit la borne max (28%) est fausse (1ère hyp. + probable). Dans tous les cas, c’est trompeur.