MINI-UNION DES DROITES • La 4e fois devrait être la bonne. Mardi prochain, la commission d'enquête sur les liens entre l'islamisme et les partis politiques, voulue par Laurent Wauquiez pour attaquer LFI, devrait enfin élire son ou sa président(e). Et ce ne sera pas l'insoumis Aymeric Caron. Après un premier échec en juillet (la socialiste élue présidente avait démissionné illico pour dénoncer l'absence d'élus de gauche au bureau de cette commission), l'élection a depuis été reportée deux fois de plus, Wauquiez s'étant chaque fois trouvé de bonnes excuses. En réalité, Caron était le seul candidat : ayant préempté le poste de rapporteur pour le député Vincent Jeanbrun, LR ne pouvait pas briguer la présidence, et aucun autre groupe ne le souhaitait. La droite accusait donc le RN et l'UDR d'Éric Ciotti de se défiler sur un sujet majeur pour eux, prenant le risque de confier les rênes de la commission aux insoumis, premières cibles de cette enquête. Hier, selon nos infos, les wauquiézistes et les ciottistes se sont donc entendus pour une mini-union des droites permettant d'éviter ce scénario catastrophe : Jeanbrun renonce au poste de rapporteur, qui reviendra à un élu UDR, et candidatera à la présidence. Une grosse concession pour la droite : moins en vue que le président qui arbitre les débats, le rapporteur joue un rôle plus essentiel, notamment en rédigeant le rapport final qui tire les conclusions des auditions. Les 2 postes seront répartis en même temps mardi. «On a décidé de prendre le poste de président plutôt que celui de rapporteur car jamais nous ne laisserons Caron et ses amis fichés S diriger notre commission», assume l'entourage de Jeanbrun. En théorie, les autres groupes d'opposition (donc pas le «socle commun») peuvent aussi tenter d'obtenir le poste de rapporteur. Mais le deal LR-UDR devrait donc fonctionner, «sauf si le ''socle commun'' préfère voter pour LFI», dit-on à droite. Qu'ils se rassurent, il n'y a aucun risque. E.B.
Un #Faitaison de #Libé :
Pour tenter de donner vie à une commission d’enquête vaine et qui embarrasse tout le parlement, LR renonce à un poste de rapporteur.
Si Macron ne tenait pas ce parti à bout de bras, il serait mort de suicides répétés.