Nous voulûmes prendre le chemin ordinaire du boulevart, mais il nous fut impossible de passer ; le feu était partout. Nous remontâmes la Twerscoye ; là il était encore plus intense, et le grand théâtre où nous allâmes ensuite, n’était plus qu’un gouffre de flammes, La provision de bois d’une année y était adossée, et le théâtre qui était en bois, alimentait ce terrible incendie. Nous tournâmes à droite, ce côté nous paraissait moins enflammé. Lorsque nous fûmes à la moitié de la rue, le vent poussa la flamme avec une telle force, qu’elle rejoignit l’autre côté, et forma un dôme de feu. Cela peu paraître une exagération, mais c’est pourtant l’exacte vérité. Nous ne pouvions aller ni en avant, ni de côté, et nous n’avions d’autre parti à prendre que de revenir par le chemin que nous avions déjà pris. Mais de minute en minute le feu gagnait et les flammèches tombaient jusque dans notre calèche, le cocher, posé de côté sur un siège, tenait les rênes avec un mouvement convulsif et sa figure tournée vers nous, peignait un grand effroi. Nous lui criâmes : « Nazad ! » (retourne). Louise Fusil (1771?-1848) 'Souvenirs d'une actrice' Tome 2 / par Mme Louise Fusil Dumont, Paris 1841-1846 http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30471451r Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62793f/f286.item
Contemporary print, Nürnberg bei Fr.Campe, the burning City of Moscow seen from the outskirts with an encampment of the Grande Armee in the foreground. Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Incendie_de_Moscou_-_estampe_-_btv1b84136878.jpg
Romantic Landscapes (26.4/n)
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