C’est que le besoin permanent de croissance ne se heurte pas qu’aux limites physiques de la nature et de ses ressources : elle se heurte aussi à nos limites à nous, les limites humaines, celles qui font qu’il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée, et seulement quelque dizaines de milliers de journées dans une vie, tout au plus. La croissance de l’industrie nécessitait que nous achetions toutes et tous une télé, une voiture, un frigo, une tondeuse à gazon… Allez, on nous fait croire que le bonheur c’est d’avoir, de l’avoir plein nos armoires… La croissance des services nécessite quant à elle que chaque minute de nos vies soit monétisée, et si possible en parallèle : elle nécessite que nous twittions, tout en regardant une émission de télé, tout en commandant sur Deliveroo, avec dans chaque recoin la verrue publicitaire pour entretenir le mouvement ; elle nécessite l’apparition de boutons pour visionner des vidéos en accéléré, car il n’y a plus assez d’heures disponibles dans une journée pour regarder toutes celles qu’on vous propose à vitesse normale ; elle nécessite, de manière générale, que tout s’accélère, que tout passe vite pour qu’une consommation en suive une autre avec le moins de délai possible parce que, plus que jamais, le temps, c’est de l’argent. Notre temps, c’est leur argent. Et vous y trompez pas, les barrières de l’acceptable tomberont une à une à mesure que se réduiront les marges de manœuvre pour continuer à croître. Il faut que nous dormions moins, que nous organisions toute activité sociale autour de la consommation, l’apothéose étant atteinte avec les centre commerciaux géants qui poussent comme des champignons, véritables temples érigés à la gloire de la consommation comme fin en soi.
🗃️ ARCHIVE : « Foule sentimentale » (2020)
Souchon qui défendait Macron, c'était assez ironique quand Macron est un parfait avatar du « on » omniprésent de « Foule sentimental »…
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