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#Partout
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Sécuriser Signal : un guide à destination des militant-es

Parution de Sécuriser Signal : un guide à destination des militant-es, une brochure pour mieux utiliser Signal et maximiser la protection que l’appli peut offrir !

L’usage de l’application de messagerie (...)

#ContrôleSocial […]

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En lutte contre la construction d'un centre de rétention administrative

Sommaire

Introduction

1- La répression policière et ses fondements racistes

2- Le racisme dans la loi

3- Les CRA et les Prisons

4- La répression raciste et le néo-libéralisme

Conclusion : de (...)

#Médias […]

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[Radio] Ondes en lutte

Une émission de Minuit Décousu. Des radios dans des arbres, des manifs, des camions, sur des places... 3 ans après Sainte-Soline, Minuit Décousu rouvre ses archives pour faire entendre les “radios d’interventions”, temporaires, localisées, qui surgissent sur les ondes ( […]

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Croyez-nous sur parole / une émission de Minuit Décousu

Cette semaine, entre concentration des médias, relations publiques et fabrique de l’ignorance, on bricole 1h de fanzine radiophonique pour en découdre avec la propagande… ou vous faire croire tout un tas de (...)

#Médias #Histoire […]

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[RASSEMBLEMENT] STOP À L’INDUSTRIE DE LA GUERRE

Dans le cadre de la campagne Stop Arming Israel Belgium, le collectif Action Palestine Braine-Ecaussines appelle à un rassemblement devant l’usine Thales à Tubize le vendredi 27 mars à 18h (en face de la gare). Durée 1h30 environ.

Thales doit : ( […]

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[Brochure] Solidarité avec Daniela Klette !

Daniela Klette a été arrêtée en Allemagne en 2024, après 30 ans de cavale et est accusée d’avoir fait partie de la RAF, groupe de lutte armé allemand dans les années 80. Dans ses (...)

#Guerre #Antimilitarisme #Histoire #Archives […]

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Les bon.nes allié.es nous cassent la tête

Sommaire

de la nécessaire prise en compte des oppressions / les dérives de la posture d’allié.e / les opprimé.es n’auraient jamais tort ?! / les allié.es et l’immobilisme / un.e bon.ne allié.e c’est une personne safe ? / la centralité de la (...) […]

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La Base de données d’infiltré·e·s.

Traduite en français, la Base de données d’infiltré·e·s est une base de données recensant les cas d’infiltré·e·s à long terme qui ont ciblé des groupes engagés dans des activités subversives au 21e siècle. Son but est d’aider les anarchistes et autres rebelles […]

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Toi aussi j’vais te bouffer!
#Partout

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[Brochure] Pierre par pierre

C’est quoi les centres de rétention administrative ?

Les centres de rétention sont des sortes de prisons pour enfermer les gens, principalement les étranger·es.

Pour comprendre ce que ça veut dire, il faut comprendre ce que c’est que les prisons, et (...)

#Médias […]

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Interview : EDITIONS LIBERTALIA

EDITIONS LIBERTALIA

Paris, ligne 9 direction Montreuil, descente à Croix de Chavaux, avant de bifurquer vers la librairie Libertalia.

Nicolas Norrito est déjà là, en train de discuter avec des gens du quartier. (...)

#Histoire #Archives #ÉducationPopulaire […]

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Sécurité IT : Motorola annonce un partenariat avec GrapheneOS

La société Motorola a annoncé un partenariat avec la GrapheneOS Foundation afin de renforcer la sécurité et la protection de la vie privée sur ses futurs smartphones. Cette collaboration vise à rendre les prochains appareils Motorola […]

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Anonymous : La Dissidence Spectaculaire - Le Masque et la Marchandise de la Révolte

L’Illusion de la Brèche

Le XXIe siècle s’est ouvert sur la promesse d’une horizontalité radicale, portée par l’émergence du cyberespace comme nouveau territoire (...)

#Médias #Histoire #Archives […]

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Sécurité IT : L’arrêt à distance des voitures, une technologie déjà possible

La possibilité d’arrêter une voiture à distance n’est plus de la science-fiction : grâce à la connectivité cellulaire, aux unités de contrôle électroniques (ECU), au GPS et à des logiciels sécurisés, certains véhicules […]

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Sécurité IT : Meta prépare des lunettes à reconnaissance faciale

Un document interne révélé par le New York Times indique que Meta développe une fonction baptisée « Name Tag » pour ses lunettes connectées, permettant d’identifier en temps réel les visages croisés via reconnaissance faciale et […]

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[Brochure] Téléphonie mobile Surveillances, répressions, réduction des risques

4e version mise à jour en février 2026.

Cette brochure a pour but de recenser des problématiques liées à la surveillance policière des téléphones, et de donner des petites astuces pour réduire les risques liés (...) […]

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[Brochure] Comprendre le fascisme pour mieux le combattre

Le temps est compté, il y a un danger fasciste

La possibilité du fascisme, mouvement de masse et de réaction, n’a peut-être jamais été aussi perceptible ces décennies passées qu’à la lumière (...)

#Extrême #Droite #Antifascisme #Médias […]

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Draguer l’Utopie – Appel à contribution

Des discussions enfiévrées autour d’un comptoir aux squats en passant par les récits zapatistes ou les romans d’Ursula Le Guin, l’utopie est un moteur qui nourrit les révolutions autant que les résistances au fascisme.

Que nous la racontions, que nous […]

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[brochure] Capitaule #0 : Pour faire capituler ce monde de prisons

Paru sur iaata.info .

Nouvelle gazette contre la taule sur Toulouse et alentours !

La taule est souvent perçue comme un monde à part, terrifiant, silencieux. Pourtant, les personnes qui y (...)

#Médias #ÉducationPopulaire […]

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[Europe ] Procès Maja, Gabri, Anna, Antifa-Budapest Verdict !

Appel à mobilisations à la suite du verdict innacceptable.

Traduction spontanée et solidaire tirée d’un communiqué en italien du mouvement Free All Antifas Italy, tout comme l’image.

Verdict (...)

#Extrême #Droite #Antifascisme […]

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En route vers 2026 : Humanité en Migrations

Aujourd’hui , partout dans le monde, les migrations sont présentées comme un problème . Les solutions proposées sont peut-être différentes selon que l’on se trouve à droite ou à gauche de l’échiquier politique, mais, dans tous les cas, il s’agit (...) […]

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Natacha Polony : "Une guerre entre l'Europe et les États-Unis, ça n'existera pas"
Natacha Polony : "Une guerre entre l'Europe et les États-Unis, ça n'existera pas" YouTube video by RTL

#SOUVERAINETÉ #EUŔOPÉENNE :
DANS LA #SÉCURITÉ, DANS LA #DÉFENSE, DANS LE #NUMERIQUE, EN #FINANCE

#SOUVERAINETÉ #PARTOUT,
#SOUMMISSION NULLE PART

youtube.com/shorts/swUXO...

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[APPEL] Se battre c'est se souvenir Trois années se sont écoulées depuis que les policiers de l'État de Géorgie Jerry Parrish, Bryland Myers, Jonathan Salcedo, Ronaldo Kegel, Royce Zah, et Mark Jonathan Lamb sont entrés dans la forêt de Weelaunee, au sud-est d'Atlanta, armes à la main. Ils ont tué par balle Manuel Teran, connu par ses compagnes et compagnons défenseur·e·s de la forêt sous le nom de Tortuguita. Aujourd'hui, la lutte continue contre les mêmes formes d'oppression, animée par l'esprit de Tortuguita. Le passé ne passe pas. Ceci est un appel à passer à l'action à l'occasion de l'anniversaire de cette tragédie. Ce 18 janvier, passez à l'action en mémoire de Tortuguita et de toutes celles et ceux tombé·e·s pour la défense de la Terre. Organisez une marche, un rassemblement ou une veillée. Regroupez-vous avec des ami·e·s, des camarades, en famille pour faire votre deuil, guérir et devenir plus fort ensemble. Planifiez une session d'information pour celles et ceux qui vivent en cavale, assiégé·e·s ou sous surveillance. Animez une session de cartographie du pouvoir sur un commissariat local, un centre de détention ou un réseau de surveillance. Organisez une randonnée dans un parc public ou une forêt et engagez-vous à défendre ces endroits contre leur destruction. https://cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/02/2.jpg Téléchargez cette image pour la partager largement. Après le meurtre de Tortuguita, des milliers de personnes ont rejoint le mouvement pour lequel Tortuguita a donné sa vie — le mouvement pour arrêter Cop City et abolir la police. Les membres de la communauté se sont rassemblés pour pleurer, se soutenir l'un l'autre et faire leur deuil — mais aussi pour répliquer. Ils ont bloqué des routes, allumé des feux, brisé des vitres et incendié des véhicules de police. Au cours des mois suivants, le mouvement a porté des coups décisifs aux fournisseurs et donateurs de la Fondation pour la police d'Atlanta à un rythme quotidien. Le 5 mars 2023, des centaines de personnes ont envahi le chantier de construction de Cop City en chantant « Viva, Viva Tortuguita ». Ils ont lancé des feux d'artifice, des pierres et des cocktails Molotov sur la police et saccagé le chantier. Un an plus tard, à travers tout le pays, des centaines de personnes se sont réunies pour des assemblées, des échanges ou des veillées afin de se souvenir de Tortuguita et des autres personnes tombées pour la défense de notre planète. Alors que le chaos climatique, engendré par la combustion d'énergies fossiles, continue de déséquilibrer les systèmes vitaux autour du globe, de plus en plus de gens sont forcés d'émigrer vers d'autres territoires plus sûrs, plus calmes. Au sein du noyau privilégié de cette société capitaliste mondiale, nous ne ressentons pas souvent directement l'effondrement des systèmes vitaux. À l'inverse, nous sommes témoins de l'inflation, de licenciements et des pénuries. Nous assistons à des guerres et des massacres causés par l'instabilité engendrée par l'effondrement du niveau de vie et une compétition accrue entre hommes forts pour contrôler les ressources rares. Aujourd'hui, les USA et ses alliés sont de véritables nations policières. Flock Safety, une entreprise autrefois uniquement connue des activistes surveillant les alentours de la forêt de Weelaunee, a déployé dans le pays entier des scanners de plaques d'immatriculation dopés à l'IA. Ils se sont associés aux bigots et aux autorités fédérales pour pister des immigrants sans papiers, des femmes nécessitant un avortement et des dissidents. Tort 1996–2023 Celles et ceux qui agissent contre l'émergence d'un État autocratique font face aux mêmes mesures draconiennes et accusations criminelles que celles auxquelles ont été confrontées Tortuguita et les manifestant·e·s se battant contre Cop City. En témoignent les défenseur·e·s de la Prairie qui sont emprisonné·e·s depuis le 4 juillet, fouillé·e·s au corps tous les jours, en isolement et sans accès aux traitements médicaux, identifié·e·s comme terroristes par le FBI. Elles et ils sont accusé·e·s d'avoir manifesté devant un centre de détention pour migrants. Nous pouvons arrêter cette spirale infernale dans l'autocratie. Pour ce faire, nous aurons besoin de puiser dans nos liens communautaires profonds, dans nos souvenirs et nos exemples de bravoure, de courage, et de grâce face à l'adversité et la tyrannie. Se battre c'est se souvenir. https://cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/02/to-struggle-is-to-remember_front_black_and_white Téléchargez un PDF à imprimer et partager. #article .e-content table tr td width : 50% !important ; | https://cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/02/january-8-day-of-the-forest-defender_front_black Téléchargez un PDF à imprimer et partager. | https://cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/02/january-8-day-of-the-forest-defender_front_black Annexe : quelques événements annoncés https://cdn.crimethinc.com/assets/articles/2026/01/02/6.jpg Atlanta, Géorgie . Bloomington, Indiana. Oakland, Californie. St. Paul, Minnesota. | Richmond, Virginia. | Turner Falls, Massachusetts.
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Franchir les mers et les murs / une émission de Minuit Décousu Minuit Décousu, c'est un fanzine radiophonique nocturne sur Radio Canut (Lyon et alentours) et Cause Commune (Paris/IDF). Semaine après semaine pendant une heure, on en découd avec la nuit et on tire les fils de sons, de textes, d'archives et de voix qui s'entremêlent. L'accélération de la fascisation européenne et le raidissement de ses politiques frontalières sont tels qu'on a du mal à suivre. Le 3 décembre dernier, la Commission libertés civiles du Parlement européen adoptait deux textes validant les politiques d'externalisation des frontières, le premier listant les pays tiers acceptant de recevoir les migrant'es refoulé'es dans des « centres de retour », le deuxième, listant les pays « sûrs » vers lequel l'UE peut renvoyer ses ressortissant'es. Autre mesure décidée par la majorité des partis européens : l'ouverture de centres de rétention dans des pays tiers à l'horizon 2026. Face à tout ça, on s'est dit que ça valait le coup d'en découdre une nouvelle fois avec les frontières, cette fois en s'intéressant plus particulièrement à leur franchissement. Dans cette émission, tu pourras entendre : “Retour à l'envoyeur” : la politique européenne des renvois depuis les années 1960 Frontières physiques, frontières de papier, frontières sociales Traversée du désert L'Europe, depuis le Sénégal Mourir dans la Manche Chemins de traverse Feu aux frontières — S'organiser contre les rafles et les expulsions L'émission s'écoute sur notre audioblog, ici si le player fonctionne, et un peu partout en podcast. Bonne écoute !
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[BROCHURE] Violences sexistes et sexuelles, et fascisation Sommaire Qui sommes-nous ? Faire des étrangers les principaux coupables des violences sexistes et sexuelles... ...et faire des personnes sexisées* une catégorie faible à protéger Le « fémonationalisme »* comme une base solide de la montée du fascisme : deux exemples parmi d'autres, les USA et I'Italie Face à tout ça, quelles perspectives de lutte ? GLOSSAIRE Qui sommes-nous ? Nous sommes un groupe de personnes qui se sont rencontrées dans le cadre de l'assemblée contre les centres de rétention d'Île-de-France. Nous nous organisons au sein de cet espace pour soutenir les luttes des personnes enfermées dans les CRA. En octobre 2024, nous avons commencé à nous réunir en non mixité, c'est-à-dire entre personnes sexisées* qui participent à l'assemblée, dans l'objectif d'écrire ce texte ensemble. Le processus d'écriture nous a pris plusieurs mois et a été plus ou moins collectif selon les moments. On a essayé de faire un glossaire à la fin avec les définitions des mots qui nous paraissaient compliqués, ce sont ceux qui ont une astérisque *. On est preneur.euses de retours, critiques, commentaires, écrivez-nous à anticra@riseup.net :) Nous avions commencé à écrire ce texte dans le contexte du viol et du meurtre d'une jeune femme, Philippine Le Noir de Carlan, en septembre 2024 dans le bois de Boulogne. Les réactions médiatiques et politiques qui s'en étaient suivies illustraient parfaitement la tendance des dernières années : faire des étrangers les principaux coupables des violences sexistes et sexuelles (VSS), et se servir de cette récupération raciste pour faire passer des lois qui les contrôlent, les enferment et les expulsent toujours plus. Depuis que l'année 2025 a commencé la situation ne s'est pas arrangée : le ministre de l'intérieur Retailleau et ses sbires regorgent de propositions racistes ; les autres pays européens adoptent aussi des politiques de plus en plus répressives, facilitées par le cadre juridique de l'Union européenne ; aux États-Unis, l'arrivée de Trump au pouvoir s'accompagne encore une fois de décrets attaquant les droits des personnes étrangères et de toutes les minorités. Qu'on s'entende, le but de ce texte n'est pas de faire une critique réformiste des lois racistes. Notre rapport à l'État et au trio police/justice/prison est clair : nous n'en voulons pas, qu'elles prétendent protéger les minorités ou non. L'État ne peut jamais être un outil dans la lutte contre les VSS. Le but de ce texte n'est pas de formuler une critique théorique du féminisme carcéral* car cela à déjà été fait par d'autres [1]. On se donne ici plutôt pour objectif d'analyser ce phénomène de récupération raciste bien dégueulasse, et de proposer des perspectives de lutte face à ça. Faire des étrangers les principaux coupables des violences sexistes et sexuelles... Expulser plus, c'est bien l'objectif de l'État ces dernières années : en 2024, la loi Darmanin a élargi le champ d'application des OQTF aux personnes suspectées de « menace à l'ordre public » - un motif qui relève de l'arbitraire complet des préfectures et de la police. En octobre 2024, dans sa première circulaire aux préfets [2], Retailleau se vante que cette nouvelle disposition a permis d'édicter 2200 OQTF qui auraient été illégales avant la loi Darmanin, et demande aux préfets de renforcer la traque de personnes qui ne pouvaient pas être expulsées auparavant. Il annonce également une nouvelle loi immigration pour 2025. Revenons sur ce motif de "menace à l'ordre public". Il s'agit d'une accusation dont la caractérisation juridique est très floue, ce qui permet donc aux préfectures et aux juges administratifs d'en faire un usage très large. C'est aussi une accusation qui est utilisée de manière rétroactive, car elle consiste notamment à aller puiser dans le passé pénal des gens pour les punir à nouveau, par le retrait (ou le refus de renouvellement) de titre de séjour, d'une peine qu'iels ont déjà purgé. C'est un mécanisme de double peine* qui est remis au goût du jour. L'on devient coupable de "menace à l'ordre public" et puni d'un retrait de papiers pour tout et n'importe quoi [3], d'amendes impayées à de la vente à la sauvette, en passant par la participation à une manifestation. Plus récemment, la traque a commencé à se focaliser sur les étrangers accusés de violences conjugales ou autres violences sexistes et sexuelles. Ainsi en novembre 2024, dans le sillon des réactions au meurtre de Philippine, le Sénat reprenait à son compte le projet de Retailleau avec une proposition de loi (qui n'est pour l'instant pas passée) : étendre, sans attendre une nouvelle loi immigration, la durée maximale de la rétention de 90 à 210 jours pour les étrangers « condamnées à une interdiction du territoire français en raison de la commission d'une infraction sexuelle ou violente grave ». Rappelons que cette durée de 210 jours est déjà applicable aux étrangers condamnés pour des faits terroristes. La figure de l'étranger terroriste, très à la mode ces dernières années, se voit donc peu à peu remplacée par celle de l'étranger violeur/agresseur/violent avec sa femme, incapable de respecter les valeurs françaises d'égalité homme-femme. Et comme d'habitude, passer une mesure en la présentant comme une exception qui ciblerait uniquement certaines catégories de personnes (ici, les étrangers dangereux) permet en fait de préparer le terrain pour l'étendre à tous.tes par la suite. L'État veut nous faire croire qu'avec tout ça il veut "protéger les femmes", mais les contacts que nous entretenons avec des retenu.es, des proches de retenu.es, et des personnes sans les bons documents montrent une réalité bien différente. Par exemple, il est déjà arrivé que des femmes sans papier ou avec des titres de séjour de courte durée se rendent au commissariat en pensant y trouver de l'aide, mais qu'ielles se retrouvent finalement en centre de rétention administrative (CRA) après avoir dénoncé des agresseurs. [4] Nous avons entendu parler de mineur.es être séparé.es de leurs parents et placé.es en institution, [5] après que le parent accusé de violences conjugales ait été placé en CRA et que le parent victime, sans papier, y ait également été envoyé.e. Dans les files d'attente des parloirs, nous avons aussi croisé des femmes qui viennent voir un ex violent et qui font face à une forte injonction de soutien et parfois à de la culpabilité, notamment quand c'est le fait de dénoncer les violences qui a mené au placement en CRA de leur ex (généralement sans qu'elles le souhaitent ou ni même soient concertées). Non, définitivement, l'enfermement et l'expulsion des étrangers n'est pas fait dans l'intérêt des femmes. Est-il d'ailleurs nécessaire de rappeler que faire de l'étranger le principal responsable des VSS est un discours faux et dangereux ? Il masque la réalité que, comme nous l'a montré le cas des viols de Mazan, les VSS sont présentes partout, sans distinction de race, age et classe, et qu'elles sont majoritairement commises par des proches. [6] Dire le contraire, c'est ne pas se donner les outils pour lutter contre les violences patriarcales. L'État n'a pas d'intérêt à abolir le crime des VSS, mais plutôt à l'organiser : les VSS sont utilisées comme excuse pour expulser plus et mieux des personnes qu'on a par ailleurs suffisamment exploitées sur le marché du travail, et dont on peut se passer à un moment où la crise économique cherche un bouc émissaire. Ainsi la punition opère un tri entre ceux qui ont un profil de coupable et ceux qui peuvent bénéficier tranquilles de la domination masculine* sans qu'on leur demande des comptes. Cette distinction se retrouve en miroir dans la façon dont le "féminisme" d'État cible/ne s'adresse qu'à certaines catégories de femmes. ...et faire des personnes sexisées* une catégorie faible à protéger Pour nous, cette récupération du « féminisme » a donc pour objectif de mettre en place un agenda raciste ; pour y parvenir, elle passe par la fabrication d'un sujet social qui doit apparaître comme structurellement faible, donc en besoin de protection de l'État : celui des « femmes » et « minorités de genre ». L'État et le capitalisme néolibéral* incorporent la critique portée par Me Too en la dépolitisant et en la récupérant pour servir ses propres objectifs : pour ne pas remettre en question le patriarcat comme régime de pouvoir global que seul une révolution pourrait renverser, l'État grave dans le marbre le statut de victime des femmes. La seule réponse possible au problème devient alors individuelle, paternaliste et punitive : il faut que l'Etat protège les femmes des individus qui leur font du mal, et punisse ces derniers. Ainsi, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles comme Grande Cause du premier quinquennat de Macron s'est traduite en majorité par des dispositions pénales : par exemple, par la création d'une infraction d'outrage sexiste, l'allongement du délai de prescription, la création d'un portail en ligne pour signaler les VSS et faciliter le dépôt de plainte. Fin 2024, le gouvernement annonçait mettre en place des antennes de commissariat dans tous les hôpitaux dotés d'un service d'urgences ou de gynécologie, afin de permettre de porter plainte. Par contre les programmes d'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle restent des effets d'annonce, et les trois séances par an de la maternelle à la terminale, un mirage. Et puis cela permet au passage de sucrer ou de conditionner aux politiques réactionnaires actuelles tous les financements aux organisations qui ne répondent pas à cette perspective pénale. On déplore que les maisons des femmes, les centres de santé sexuelle, les centres de santé communautaires, et d'autres lieux d'accueil intersectionnels disparaissent ou perdent le peu d'autonomie qui leur reste. Même si pour nous ces structures ne seront jamais totalement en mesure de mettre en place l'autodéfense féministe que nous souhaitons voir advenir, elles sont actuellement une des ressources pour les femmes et minorités de genre, notamment les plus isolé.es. D'un autre côté, toutes les mesures de protection auxquelles peuvent prétendre les personnes sexisées victimes de violence sont soumises à ces mêmes conditions d'identification et punition du coupable. Par exemple, pour toucher l'aide universelle d'urgence, censée aider les victimes de violence conjugale à quitter le foyer, il faut avoir porté plainte ou obtenu une ordonnance de protection (d'ailleurs il faut également avoir des papiers français, car la lutte contre les VSS a visiblement des limites nationales). Autre exemple, celui d'une personne étrangère victime de traite d'être humain : elle peut prétendre à une carte de séjour mais seulement à la condition d'avoir porté plainte contre son/ses proxénète(s), de ne plus être en contact avec lui/eux, et de ne pas représenter une menace pour l'ordre public. Et si toutes ces conditions sont réunies, elle n'obtiendra qu'un titre de séjour très précaire, d'une durée d'un an renouvelable le long de la procédure judiciaire (la carte de résident de 10 ans ne sera accessible qu'en cas de condamnation). La logique paternaliste et carcérale de ce « féminisme » d'État apparaît aussi très clairement dans la façon dont est traité le travail du sexe*. Avec la loi de 2016 qui remplace la criminalisation des travailleur.euses du sexe par celle des clients, les « personnes prostituées » deviennent des victimes que l'État doit venir sortir des griffes de l'exploitation sexuelle. La loi instaure ainsi le « parcours de sortie de prostitution et d'insertion sociale et professionnelle », qui offre des protections bien maigres à un prix bien élevé : une « personne prostituée » peut prétendre à un logement et une aide financière de 340€ par mois, et à une autorisation provisoire de séjour (APS) de 6 mois renouvelable deux ans, en échange de preuves continuellement renouvelées et souvent très exigeantes de la distanciation du réseau, de l'arrêt de ses activités de travailleuse du sexe, et de son insertion professionnelle. [7] En bref, tous ces exemples récents montrent bien comment l'État procède : il fait de nous, personnes sexisées, des victimes qui dépendent de l'État et à qui on ne permet pas de s'autonomiser. Le pouvoir insiste à créer un discours où les personnes sexisées doivent être protégées : non pas d'un système patriarcal dont l'État est le pilier, mais bien de coupables individuels qu'il faut punir, et qui prennent alors le visage des étrangers à expulser. Cette double dynamique est en réalité au cœur de la montée du fascisme partout dans le monde. Le « fémonationalisme »* comme une base solide de la montée du fascisme : deux exemples parmi d'autres, les USA et I'Italie L'État punit, enferme et expulse, tandis qu'il démantèle toute infrastructure sociale permettant une véritable protection des femmes et des minorités. Il instrumentalise le féminisme pour justifier des politiques autoritaires et racistes : cette dynamique nous semble être au cœur de la montée du fascisme* partout dans le monde. Il s'agit d'une logique qui a déjà été bien analysée : le capitalisme néolibéral n'est "libéral" (ici, féministe) que lorsque cela sert son expansion ; mais il peut à tout moment revêtir à nouveau son visage réactionnaire, voire autoritaire et fasciste. Partout en Europe, les gouvernements d'extrême-droite avancent sous couvert de la protection de l'identité nationale et de l'ordre moral. L'Italie et le gouvernement de Gorgia Meloni nous en offre un bon exemple et là-bas aussi, les discours d'instrumentalisation des VSS sont nombreux. Ainsi, le féminicide de Giulia Cecchettin en octobre 2023 par son ex compagnon a déchaîné une vague de réactions politiques. Le ministre Salvini a notamment mis en doute la culpabilité de l'agresseur au motif que c'était un homme blanc et de bonne famille, n'ayant aucun antécédent criminel. Au contraire, quand il s'agit de féminicides commis par des personnes étrangères et/ou non-blanches, il n'a pas hésité à rappeler que "reconnaître l'incidence inévitable et croissante des agresseurs étrangers, [...] souligne les conséquences dangereuses d'une immigration incontrôlée, souvent en provenance de pays qui ne partagent pas les principes et les valeurs de I'Occident". Le cas italien nous montre bien deux mécanismes à la base de I'invisibilisation des causes des VSS et des féminicides. Quand I'agresseur est une personne blanche, la violence est niée en tant que phénomène structurel. On se concentre sur les détails de la vie de l'agresseur, et on pousse à empathiser avec lui. Quand l'agresseur n'est pas une personne blanche, la violence devient au contraire représentative d'un groupe social dans son ensemble, qu'on essentialise et criminalise. Résultat, jamais on ne cherche vraiment à comprendre les causes des VSS, tout en diffusant dans la société les discours racistes qui justifient l'enfermement et les expulsions. D'ailleurs, le contexte américain nous rappele que la stigmatisation des minorités raciales par l'argument de la protection des femmes est une pratique de longue date. Depuis I'époque des lois anti-métissage jusqu'aux lynchages présentés comme des actes de « défense des femmes blanches », l'idée de protéger les femmes a été utilisée pour perpétuer et renforcer une hiérarchie raciale. Sous Trump, cette logique perdure, particulièrement avec la stigmatisation des migrants latinos, accusés de représenter une menace pour la sécurité des « citoyennes ». Le slogan « Build the wall » s'est accompagné d'un discours sur les soi-disant « viols de masse » perpétrés par des immigrés, légitimant l'extension du complexe carcéral et la militarisation des frontières. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Trump a intensifié exponentiellement les déportations de masse [8]. En parallèle, les tribunaux étasuniens commencent à juger des personnes accusées d'avoir pratiqué des avortements [9] : la prétention de l'État à « protéger les femmes » n'est bien qu'une violente instrumentalisation. En définitive, ce qui se passe aux États-Unis en ce moment montre bien ce qui reste du féminisme dans une époque de fascisation radicale du monde : la prison tient bon et les centres de rétention se portent très bien, pendant que l'État néolibéral et ses entreprises abandonnent toute forme d'État-providence* ou de politiques de pinkwashing* en mode « diversité et inclusion ». Est-ce la même évolution qui nous attend en France ? En tout cas, nous pensons qu'il est important de lire l'instrumentalisation du féminisme par l'État comme intrinsèquement liée à la montée du fascisme, en distinguant plusieurs étapes (qui peuvent être plus ou moins simultanées) : Un important mouvement féministe apparaît (exemple de Me Too) L'État cherche à s'en emparer et à en désamorcer la charge révolutionnaire pour le reconfigurer en un agenda libéral, avec des politiques d'inclusion et autres Dans un contexte de montée de l'extrême-droite et d'apparition d'un courant fémonationaliste dans la société (exemple de Némésis [10] en France), l'État commence à utiliser le féminisme pour justifier un agenda de moins en moins libéral et de plus en plus raciste et répressif Une fois que le prétexte de la protection des femmes n'est plus nécessaire, l'État s'en débarrasse pour achever sa transformation réactionnaire et fasciste. Face à tout ça, quelles perspectives de lutte ? Pour nous, face à tout cela, il n'y a qu'une chose à faire : continuer à pratiquer un féminisme radical*, intersectionnel*, tout le temps et partout. Ça veut dire, entre autres : Continuer à dévoiler ce qu'il se cache derrière les discours pseudo féministes de l'État : faire de nous un sujet faible, une victime à protéger, pour mieux nous ôter notre voix et décider à notre place, pour mieux nous instrumentaliser au service d'un agenda raciste et sécuritaire. Ne pas oublier que l'État veut nous faire croire qu'il répare les violences causées par les rapports sociaux inégaux, alors que ces rapports sont ses fondations. Refuser I'idée qu'il existe un sujet « femme » universel, mais une multiplicité de positions sociales à l'intersection de différents rapports sociaux. Refuser de déléguer I'organisation féministe à l'État, car cela nous empêche de déplacer la réflexion et surtout la pratique hors de la punition, et vers des étapes ultérieures et bien complexes, notamment celles de la justice réparatrice*. Déléguer l'organisation féministe à l'État implique très souvent de déléguer la punition, abandonner la réparation et renforcer l'infrastructure carcérale et pénale. Ça nous semble bien naïf, quand ce n'est pas juste de la mauvaise fois classiste et raciste. Contre ce pouvoir qui nous veut sans défense et isolé.es : construire des réseaux de solidarité, d'entraide, d'autodéfense, d'apprentissage ; pratiquer un féminisme par le bas, un féminisme qui nous émancipe, nous rend plus autonomes, moins isolées, et donc moins exposé.es aux VSS. Continuer à entrelacer nos luttes féministes avec les luttes contre la prison, contre les politiques miratoires racistes, contre les CRA, pour tenter de rendre plus difficile la tâche à tous ceux qui tentent de se servir de nous pour faire avancer leur agenda raciste. GLOSSAIRE Ici on essaie de donner une définition basique à certains mots qu'on a utilisé et qui ne sont pas forcément évidents pour tout le monde. Ce sont les mots avec une * dans le texte. Féminisme carcéral : terme utilisé pour qualifier les militant.es et organisations féministes qui défendent le recours à la justice et à la prison pour lutter contre le patriarcat, et qui pensent que punir les personnes qui commettent des violences sexistes et sexuelles permettra de diminuer les VSS. Ce n'est pas un terme revendiqué par ces organisations et militant.es mais plutôt utilisé par leurs adversaires pour les qualifier (ces dernier.es se présentent donc généralement comme des féministes anticarcérales ou abolitionnistes, c'est-à-dire pour l'abolition de la prison). Race : Nous utilisons dans ce texte le terme race dans le sens de race sociale, c'est à dire que nous ne croyons pas qu'il existe des races biologiques mais un système raciste qui trie les individus en fonction de leur couleur de peau. Double peine : la double peine désigne le fait de punir deux fois une personne pour une même infraction, en se basant sur le seul fait qu'elle ne soit pas de nationalité française : elle est punie à la fois par une condamnation pénale et par une interdiction judiciaire du territoire français. Domination masculine : désigne la domination sociale, économique, culturelle et symbolique des hommes sur les femmes ou autres minorités de genre. Personnes sexisées : il s'agit de toute personne subissant ou ayant subi du sexisme. C'est un concept qui permet de dire qu'il n'y a pas que les femmes cisgenre qui subissent du sexisme, mais aussi les femmes et les hommes trans, les personnes non binaires, les hommes gays, etc. Capitalisme néolibéral : fait référence à une phase du capitalisme autour de 1980. Le néolibéralisme se caractérise par : une limitation du rôle de l'État en matière économique, sociale et juridique ; l'ouverture de nouveaux domaines d'activité à la loi du marché ; une vision de l'individu en tant qu'"entrepreneur de lui-même" ou "capital humain" que celui-ci parviendra à développer et à faire fructifier s'il sait s'adapter, innover... Les partisans du néolibéralisme le présentent comme faisant l'objet d'un consensus et comme étant sans alternative. Ses conséquences doivent être perçues comme des phénomènes inévitables qu'il faut accepter. Les idées opposées au néolibéralisme sont qualifiées d'archaïques. (définition empruntée au site www.toupie.org ) Travail du sexe : désigne tous les métiers ou pratiques impliquant une prestation sexuelle tarifée. Il s'agit d'un terme utilisé à la place du mot prostitution, considéré comme connoté négativement, dans l'objectif de mieux faire reconnaître le travail du sexe comme un travail qui mérite un cadre légal, des droits pour les travailleur.euses, des syndicats, etc. C'est donc généralement un terme employé par les féministes qui sont critiques des politiques qui tendent à l'abolition ou la répression du travail du sexe. Fémonationalisme : désigne |'instrumentalisation des féminismes et de l'émancipation des femmes à des fins racistes, islamophobes, sécuritaires et réactionnaires. Fascisme : le terme de fascisme s'applique au sens strict au régime de Mussolini en Italie à partir des années 30, et au sens large à un système politique qui s'inspire des régimes italiens et allemands, mais peut revêtir différentes caractéristiques selon les pays. Il s'agit d'un système politique autoritaire, nationaliste et totalitaire, qui s'oppose à la démocratie et au libéralisme, rejette l'individualisme et la modernité en s'appuyant sur une vision idéalisée du passé. Le fascisme revendique un ordre hiérarchique « naturel » entre les races, et s'appuie sur les valeurs traditionnelles de la masculinité. Néo fascisme : l'appellation « néofascisme » a été utilisée pour désigner l'extrême droite contemporaine, qui s'est adaptée à notre époque parce qu'elle était consciente que la reproduction du modèle fasciste observé au siècle dernier n'était plus possible, dans le sens où il n'était plus acceptable pour la majorité des gens. Le néofascisme prétend respecter les règles fondamentales de la démocratie au lieu d'établir une dictature pure et simple comme l'a fait son prédécesseur, même lorsqu'il vide la démocratie de son contenu en érodant les libertés politiques réelles à des degrés divers. (définition empruntée au site www.cadtm.org ) Féminisme radical : courant du féminisme qui analyse le rapports sociaux entre minorités de genre et hommes comme structurés par le patriarcat, c'est-à-dire comme des rapports qui bénéficient aux hommes. Féminisme intersectionnel : courant du féminisme qui revendique la prise en compte de différentes oppressions qui ne s'additionnent pas, mais s'articulent et se complètent. L'intersectionnalité a été théorisée par Kimberlé Crenshaw dans les années 2000 pour parler de la situation spécifique des femmes afro-américaines. Justice réparatrice : la justice réparatrice, restaurative ou transformatrice, désigne des formes de justice ayant comme caractéristique commune le fait de vouloir s'éloigner de la punition (justice pénal, punitive, ou carcérale) pour aller vers un processus qui insiste sur la réparation des torts faits à la victime, la responsabilisation de l'auteur des torts dans un objectif de non répétition, et la transformation de la société qui a permis le passage a l'acte de l'auteur. Voir en ligne : abaslescra.noblogs.org [1] Voir par exemple « La prison est-elle obsolète ? », Angela Davis, sur infokiosques.net ; « La justice et la prison ne règleront pas les violences sexistes et sexuelles » sur mars-info.org ; « En soutien aux meufs trans incarcérées et pour un féminisme contre les prisons » sur paris-luttes.info [2] Circulaire « Renforcement du pilotage de la politique migratoire », 28/10/24 [3] Voir quelques exemples dans l'article « Ici c'est pas une prison de sans-papiers, c'est une prison de gens à qui la France a enlevé les papiers », sur abaslescra.noblogs.org [4] Voir notamment rapport de la Cimade : « Accompagnement des personnes étrangères victimes de violences », 2023 ; et l'article « Les sans-papiers risquent l'expulsion en allant porter plainte », Streetpress, 15/05/2023 [5] Sur le placement d'enfants a l'ASE pour mieux expulser les parents, voire l'article « Placer les enfants pour mieux reconduire les parents », sur le site www.gisti.org [6] Dans 91% des cas de violences sexuelles, les femmes connaissent les agresseurs (chiffres disponibles sur noustoutes.org) [7] Sur les critiques du parcours de sortie de la prostitution, voir par exemple le rapport « Réponses à l'évaluation de la loi de 2016 » porté par 14 associations et disponible sur le site strass-syndicat.org [8] En 2024, l''agence chargée du contrôle des frontières et de l'immigration aux États-Unis, ICE, a expulsé plus de 270 000 personnes, soit le chiffre le plus élevé depuis 2014. [9] Voire par exemple l'article « Au Texas, une sage-femme inculpée pour « pratique illégale d'avortement », une première dans le cadre des lois restrictives de cet État », Le Monde, 18/03/2025 [10] Némésis est un collectif d'extrême-droite identitaire né en 2019, qui se réclame du féminisme et annonce vouloir défendre les femmes occidentales, notamment contre « l'immigration de masse » abaslescra.noblogs.org anticra@riseup.net 06 05 94 92 87
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Quelles violences ?
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Pour en finir avec le mythe des « casseurs infiltrés » Le but de ce texte n'est pas de traiter le rapport complexe à la « violence » (un autre texte sur ce sujet arrivera dans quelques jours), mais nous rappelons tout de même quelques fondamentaux à ce sujet : La violence est partout. Elle est omniprésente dans notre société. S'indigner dès qu'elle s'exprime d'une manière très visible (bris de vitres lors d'une manifestation, bagarres lors d'un match de foot, incendies lors d'une émeute) est hypocrite. C'est (se) faire croire que l'état normal de notre société serait la paix et l'absence de violence. Ces manifestations de violences sont vues et décrites par certains faiseurs d'opinions – qui ont accès à la parole publique mais ne représentent pas la population – comme inacceptables, hors du cadre, impensables. En fait, elles ne sont impensables et inacceptables que parce qu'elles ne respectent pas les règles du jeu. Toutes les autres violences, bien que plus horribles (inégalités, pauvreté, sans abrisme, refus de soins médicaux, mépris de classe, violences sexistes et sexuelles, harcèlements, féminicides, inceste, agressions racistes, agressions transphobes, validisme, etc.) sont acceptées. Elles ne sont pas acceptées dans le sens où elles seraient légalisées ou permises officiellement par l'État, elles sont acceptées dans le sens où cet État et ses différentes institutions les laissent faire, voire les encourage pour certaines d'entre elles (comme les violences policières). Le rapport à la violence à géométrie variable de ces faiseurs d'opinions les amènent à s'indigner bien plus intensément suite à des dégâts matériels (comme des vitres brisées) que suite à des dégâts humains pourtant répétés et documentés. En tant qu'antifascistes nous voulons défendre un réel vivre ensemble, pas un vivre ensemble hypocrite où on laisse faire la plupart des réelles violences et où on s'acharne uniquement sur les rares cas où des personnes – le plus souvent opprimées – expriment leur colère et tentent de se libérer. Lorsque la colère sociale s'exprime de manière violente elle s'attaque rarement à des êtres humains, presque toujours à des objets. Concernant les très rares violences commises sur des êtres humains (PDG, huissiers, matons, flics), on peut le tourner dans tous les sens, il s'agira toujours d'autodéfense. Nous ne portons en nous aucun désir malsain de violence sur des êtres humains, mais il faut regarder la réalité en face : plus il y aura de misère produite – et elle l'est toujours par de la violence – plus il y aura de violences. C'est tout. Et ce n'est pas joyeux, et ce n'est pas une bonne nouvelle. Mais les auteurs de ces violences et les institutions qui les protègent ne nous laissent tout simplement pas le choix. On ne peut malheureusement pas se libérer (qu'il s'agisse du colonialisme, du sexisme ou de l'État policier) sans avoir recourt dans certains cas à la violence. Nous le voudrions bien, mais nous ne le pouvons pas. Les faiseurs d'opinion hypocrites peuvent fantasmer sur le fait qu'il existerait des personnes qui auraient pour passion le fait de faire du mal à autrui physiquement, sauf que ce n'est pas ça qui se passe. Toutes les conquêtes sociales dont nous jouissons encore aujourd'hui (droit de vote, congés payés, éducation censée être gratuite, sécurité sociale, libertés fondamentales, etc. pour toustes ou presque) ont été arrachées avec une part de violence. Ce n'est pas les opprimé·es qui ont choisi la violence par plaisir, elle leur a été imposée et illes ne pouvaient pas arracher ces droits sans s'y confronter. Faire croire qu'il suffirait de participer aux processus faussement démocratiques aujourd'hui en place pour obtenir des droits – ou même juste pour les faire respecter – est une des grandes hypocrisies des faux démocrates. Indépendamment de nos rapports respectifs à cette « violence », il y a un mythe dont il est temps de parler : l'existence de « casseurs infiltrés » Ce mythe est repris par la plupart des médias sans même devoir se justifier de qui ils parlent concrètement lorsqu'ils font ça, mais aussi par certains leaders syndicaux (minoritaires, heureusement), associatifs (idem) et évidemment par un grand nombre de politiciens de droite (ou de gauche, qui reprennent le langage de droite). Dernier exemple en date : Willy Demeyer sur La Première qui justifiait le dispositif policier disproportionné et en partie illégal) du 26 novembre par le fait que « les antifas sont infiltrés par des casseurs« . Voilà voilà…. Autre exemple un peu plus lointain, la police de Liège qui avait justifié la présence d'une autopompe à la gare des Guillemins lors de la grande manifestation antifasciste du 11 juin 2024 « au cas où les manifestants auraient été rejoints par des groupes malintentionnés ». Or, celleux qu'ils ciblent en parlant de « groupes malintentionnés« , c'était… nous, les organisateur·ices de la manifestation. Ridicule. Ce narratif est très pratique. Il permet de justifier tout et n'importe quoi (y compris des pratiques illégales, comme on l'a encore vu lors de la manifestation nationale du 14 octobre à Bruxelles) car ce serait la faute des « casseurs » ou de leurs actions ou de leur simple présence que la police devrait utiliser des moyens exceptionnels. C'est également très pratique car cela peut parfois pousser des gens plus « normaux » (qui soit ne connaissent pas suffisamment les personnes visées par ce sobriquet, soit en ont peur de par leurs styles parfois impressionnants) à se penser comme distincts à ces « casseurs ». C'est la vieille technique policière et politicienne de diviser les « bon·nes » et les « mauvais·es » manifestant·es. Quand c'est le pouvoir qui choisit qui est un·e bon·ne et qui est un·e mauvais·e manifestant·e, c'est particulièrement pratique pour maintenir son « ordre » public. Non, c'est à nous de choisir les choses, les actions, les slogans dans lesquelles nous nous reconnaissons et les choses avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord. Heureusement, plus les liens se construisent entre les gens, plus illes ont l'habitude de lutter ensemble (y compris dans le désaccord), plus illes se rencontrent et se connaissent, moins ces techniques policières et politiciennes vieilles comme le monde fonctionnent. Les personnes et les petits groupes qui parfois cassent des choses ne « s'infiltrent » pas dans les manifestations. Le mot « casseur » est déjà ridicule en soi. Qui en ferait une profession ? Qui en ferait une identité en soi ou même une pratique spécifique ? Qui se réduirait au fait de casser (parfois) des choses ? C'est absurde. Ensuite, que signifie « s'infiltrer » ? Cela signifierait que « les casseurs » seraient des personnes (voire des éléments exogènes au corps social) qui ne seraient pas d'accord avec la manifestation mais y viendrait pour lui nuire, la décrédibiliser, voire pour en attaquer les participant·es. Ça ce sont des infiltrés. L'expression « casseurs infiltrés » est donc un contresens comme on en a rarement fait. Ces personnes appelées « casseurs infiltrés » viennent à une manifestation avec leurs raisons, et comme tout le monde elles en parlent avec leur proches avant, elles prennent le train ou la voiture pour s'y rendre, elles rentrent chez elles après (parfois après s'être fait·es arrêté·es et/ou violent·ées par la police), elles y réfléchissent et elles luttent tous les jours pour leurs droits et pour ceux des autres en dehors des manifestations. Elles « infiltrent » d'autant moins ces manifestations qu'elles leur donnent souvent un sens politique plus élevé (par certaines actions ciblées) que si elles en avaient été absentes, et elles sont d'autant moins là pour nuire au cortège qu'elles le protègent bien souvent de la police et/ou des fascistes. Tout cela ne nous empêche pas de critiquer le fait qu'il y a parfois un fétichisme de la casse ou un romantisme de l'émeute chez certain·es manifestant·es, qui vont en faire un objectif en soi plutôt qu'un moyen pour atteindre un objectif plus grand, ou d'estimer certaines fois que le contexte et la méthode sont particulièrement mal choisis. Mais c'est relativement rare, et l'essentiel ne se situe pas là. On peut (on doit) débattre de ces choses-là, et plus on se connaîtra et se reconnaîtra dans la lutte, plus on sera solidaires, plus on pourra le faire. Mais au-delà des débats sur les méthodes et les contextes, le fait est que ces mots (« casseurs infiltrés ») sont des contresens. Ces contresens sont bien pratiques pour le pouvoir en place mais ils ne correspondent à rien dans le réel. La seule chose réelle qui permet de différencier des manifestant·es qui cassent parfois des choses de « simples manifestant·es » c'est le fait que les premier·ères ont souvent l'habitude de se préparer à l'action directe et aux violences policières, alors que les second·es beaucoup moins. Et encore, car il y a tout un spectre entre les deux : lorsque des violences policières ont lieu dans une manifestation la plupart des gens réagissent et ne restent pas passifs·ves (cela fait donc d'elleux des « casseurs » ?) ; beaucoup de personnes qui sont dans un « black bloc » ne cassent rien car elles sont là pour protéger les autres ou pour tenir une banderole ou pour une autre raison ; etc. Beaucoup de personnes habituées à l'action directe et à la répression ne participent pas à la casse et, à chaque fois, des personnes qui se retrouvent à participer à de la casse ne l'ont jamais fait auparavant ou ne l'avaient pas prévu. Le mot « casseur » ne permet donc pas de rendre compte de cette différence, le mot « infiltré » encore moins. Il s'agit d'un mythe qui a une utilité politique, et le langage de l'ennemi doit être questionné, surtout lorsque des personnes de notre propre camp finissent par l'utiliser elles-mêmes. Il y a une variante de ce mythe, c'est celui de « casseurs infiltrés » issus de l'extrême droite ou de la police. On appelle cela des agents provocateurs. Les agents provocateurs ont toujours existé, mais il faut revenir sur terre : il n'y avait rien de cela dans les dernières manifestations citées. Il suffit d'être présent·e pour s'en rendre compte. C'est notre propre camp social qui casse des choses, et c'est normal. Les membres d'extrême droite, eux, sont souvent aux abords des cortèges (exceptionnellement dedans) pour observer, voire parfois pour agresser, les manifestant·es. Les policiers en civil, eux, sont présents à l'extérieur des cortèges et parfois à l'intérieur (dans ce cas il s'agit effectivement d'infiltrés) pour écouter, observer et prévenir leurs collègues en cas de nécessité d'intervenir (selon leur point de vue de policiers). Dans les mobilisations citées, ils n'étaient pas là pour mener des actes illégaux en se faisant passer pour des manifestant·es ou pour « provoquer » la casse en poussant le reste du cortège à s'insurger. Et si la police veut appliquer la stratégie de la tension (ce qu'elle fait souvent) elle n'a pas besoin d'infiltrés pour cela, il lui suffit de provoquer le cortège de différentes manières : promiscuité, démonstration de force, intimidations, insultes, sirènes pour couvrir les prises de parole, arrestations à l'intérieur du cortège, bousculades, charges, coups, gaz, autopompe, etc. Diffuser ce genre d'hypothèses de policiers ou de fascistes infiltrés qui seraient auteurs de la casse lorsqu'on n'a pas de preuve concrète pour une manifestation concrète est stupide et irresponsable. Cela diffuse de la confusion. Conclusion Non, les « casseurs infiltrés » n'existent pas. Il y a des méthodes différentes utilisées lors de manifestations et le fait qu'on soit d'accord ou pas avec ces méthodes – au cas par cas, pas dans un absolu – n'y change rien. Arrêtons de diffuser les mythes et contresens de nos adversaires. Rencontrons l'autre. Des participant·es du FAL
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Pour en finir avec le mythe des « casseurs infiltrés »

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